Les craintes infondées de Jean-Pierre Graber

Dans ses récentes déclarations, Jean-Pierre Graber développe une argumentation unilatéralement dirigée contre la mise sur pied d'une Assemblée constituante. Si nous respectons l'homme politique et ne doutons pas de la sincérité de son amour pour le « Jura bernois », nous devons regretter que sa position personnelle soit aussi figée dans l'a priori et l’effarouchement.

Le « vote communaliste » que craint M. Graber résultera d’un « non » le 24 novembre, ainsi qu'en ont décidé les deux cantons. Le « oui » éloigne cette perspective. En effet, si le corps électoral opte pour le débat démocratique plutôt que pour la « crispation des fronts » découlant de l’échec de toute discussion préalable, ce vote-là sera relégué au second plan.

M. Graber rejette par avance ce qu’il appelle « la dynamique favorable à la création d’un nouveau canton ». Si on le comprend bien, ses compatriotes sont jugés inaptes à résister à l’emballement quasi mécanique qu’il redoute et leur promet. Voilà une bien curieuse façon de considérer la capacité des Jurassiens du Sud à se faire une idée par eux-mêmes de ce qu’il convient d’entreprendre pour leur avenir.

S’agissant de l’addition des forces autonomistes au sein de l’Assemblée constituante, le calcul de Jean-Pierre Graber n’est pas faux. Cependant, et nous en faisons la proposition, les grandes décisions pourraient s’y prendre à la majorité qualifiée, de 60 ou 65 % par exemple, ce qui garantira aux antiséparatistes une égalité parfaite face aux débats engagés… sous présidence du « Jura bernois » !

Il ne sera pas question de drapeau le 24 novembre, et il est incorrect d'intenter à quiconque un faux procès à ce sujet. Quant aux relations avec Bienne, il n’existe aucune raison objective pour qu’elles se distendent. Nous préconisons à cet effet que la ville dispose d’observateurs à la Constituante et qu’une commission spéciale s’occupe en son sein de la vitalité des liens futurs entre « Jura bernois » et Bienne.

Il n’y a aura ni intégration, ni dissolution, ni annexion du Jura-Sud dans ou par le Nord si le « oui » l’emporte le 24 novembre : on décidera seulement s’il est utile d’ouvrir une discussion sur un avenir commun, avec le choix au bout du compte d’en décréter l’opportunité ou d’en constater l’impossibilité, avec à la clé la résolution de la Question jurassienne. Voilà le seul choix que nous aurons à faire.

Comité de campagne « Un Jura nouveau »

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