Ingérences illégales du Jura - Que fait le Conseil fédéral ?

Le parti annexionniste auquel le gouvernement jurassien a désigné un guide en la personne de Pierre Kohler, ancien ministre, a annoncé avec un sans-gêne sidérant vouloir engager des dizaines de milliers de francs pour « forcer » le « oui » dans le Jura bernois le 24 novembre prochain.

En plus d’un fond de campagne évalué entre 1 à 2 millions de francs (voir le JdJ), le Comité interpartis, émanation des formations politiques du canton du Jura, lance une souscription dont il a fixé la cible à 200'000 francs.

En fait, cette démarche-là est purement gesticulatoire.

Il s’agit d’un leurre pour détourner l’attention de l’implication, financière évidemment, de la « Fondation de la réunification », entité hybride public/privé, surtout publique puisque adoubée par le Parlement jurassien et alimentée par les contributions des citoyens-ennes de la République et canton du Jura (RCJ).

Accessoirement, Pierre Kohler a mission de dédouaner le gouvernement dont les dénégations ne changent rien au fait que l’exécutif jurassien est à la manœuvre.

Sa présence et l’allocution que prononcera le président Michel Probst lors de l’opération par ici les billets de banque, le 1er juin, à Bassecourt, en témoignent, s’il le fallait.

Cette affaire de gros sous et d’usage singulier de l’argent des contribuables jurassiens pourrait être minimisée tant il est vrai qu’une avalanche de propagande coûteuse ne détournera pas le Jura bernois de sa ligne fondée sur la perception claire de ses intérêts et des mobiles douteux des propagandistes du « oui ».

C’est au niveau des principes que le scandale est patent.

Les préparatifs de « guerre coloniale » des politiciens-ciennes du Jura sont en contradiction totale avec le droit fédéral excluant l’intervention d’un canton dans les affaires d’un autre canton.

Il faut remonter aux intrigues du Sonderbund en 1847, où la Diète fédérale a appelé les cantons « séparatistes » au respect du Pacte fédéral, pour trouver l’exemple d’un viol identique des institutions.

Toute chose étant égale par elle-même, le Conseil fédéral doit demander des comptes au gouvernement jurassien qui, si habile soit-il à se cacher derrière des comparses, ne peut éluder ses responsabilités.

Aussi, ne saurait-on se satisfaire de la temporisation du Conseil-exécutif bernois disant « ne pouvoir ni exclure ni empêcher qu’une campagne en faveur du « oui » soit menée dans le Jura bernois par des mouvements ayant leur siège sur le territoire jurassien… ».

Un recours de droit public au Tribunal fédéral infirmerait une prudence diplomatique qui n’est pas de mise dans un combat à quitte ou double !

Force démocratique

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