Analyse du MUJ sur le sondage du groupe Gassmann du 11 juin 2013

Le sondage, réalisé par DemoSCOPE pour le compte du groupe de presse biennois Gassmann, portant sur le vote relatif à l’avenir institutionnel de la région jurassienne, fournit des informations intéressantes aux yeux du Mouvement universitaire jurassien (MUJ).

La rigueur scientifique commande d’émettre quelques réserves à l’égard de la méthodologie appliquée. Les questions posées laissent en effet planer un certain doute quant aux réels enjeux du vote du 24 novembre. Dans chaque question, les termes de “nouvelle entité cantonale” ou “nouveau canton” sont mentionnés. Il n’est en revanche fait nulle part mention de la Constituante interjurassienne (et de ses potentialités). Il s’agit pourtant là de l’enjeu du premier du vote et partant, de l’objet du sondage. On ne saurait dès lors s’étonner du fait que les sondés se disent majoritairement défavorables à un nouveau canton si aucun changement positif (qui serait alors le travail d’une constituante) ne leur est concrètement proposé.

Deux éléments tendent à démontrer cette affirmation. Si 96% des sondés disent savoir qu’ils auront à se prononcer sur l’avenir institutionnel de la région, il est impossible pour eux, avec la formulation des questions, de se déterminer sur les enjeux réels du scrutin (constituante versus choix définitif d’un canton).

Par ailleurs, pour justifier leur “non”, les sondés évoquent majoritairement les affirmations suivantes : “tout va bien, il n’y rien à changer” et “ le Jura bernois n’aurait rien à y gagner”. Il paraît évident que ces réponses s’appliquent à une autre question que celle posée le 24 novembre. « Accepteriez-vous d’adhérer à un nouvelle caisse maladie ? Justifier votre choix ». On obtiendrait des résultats semblables en posant une telle question (fermée et ouverte) à la même population.

Ce “non” majoritaire qui ressort du sondage s’explique facilement. Sans information précise, la population a tendance à donner son avis de manière émotionnelle en répondant par réflexe ou en réaction aux stéréotypes liés aux reliquats du passé. Preuve que seul un débat ouvert et pragmatique permettra aux citoyens des régions concernées de sortir des vieux schémas et de voter en toute connaissance de cause.

Le Mouvement universitaire jurassien retient de ce sondage qu’il convient de redoubler d’effort pour informer correctement la population. Nécessité qui encourage les étudiants du MUJ à poursuivre et intensifier leur communication en vue d’établir un débat intelligent, respectueux et digne de la population jurassienne.

Le Mouvement universitaire jurassien

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