La vraie question n’est pas « Voulez-vous aller avec le Jura ? Mais bien, voulez-vous quitter le canton de Berne ? »

Finalement, c’est l’évidence de la question qui est posée aux citoyens du Jura Bernois. Et c’est la seule !

Les partisans du oui occulte évidemment cette réalité, elle dessert leur argumentaire. Il faut bien l’admettre, ils ne jouent pas sur du velours. J’ai beau chercher, je ne détecte aucun argument qui me donnerait à penser qu’en votant non, je suis dans l’erreur.

Ces dernières décennies, le Canton de Berne et le Jura Bernois ont mis en place ce qu’il fallait pour aspirer à plus d’autonomie dans le développement de nos particularités. Le CJB, le CIP, la CEP entre autres, sont des supports de développement de l’activité économique qui ne doivent rien à nos voisins.

Pour contredire un jeune industriel de Bévilard, le Canton de Berne est le canton qui, en Suisse, offre le plus de postes dans l’industrie. Il est certes grand avec un million d’habitants. Chaque région y a ses spécificités. Seules quelques-unes participent au CHF 13'401.- que le canton exporte par an (2012) et par habitant dont celle du Jura Bernois avec CHF 29'471.- par an et par habitant. Le Jura possède une industrie certes efficace, mais plus orientée dans la sous-traitance et exporte CHF 15'986.- par an, par habitant, à peine plus que la moyenne bernoise, mais loin de l’exportation du Jura Bernois.

Il est également inexacte de prétendre que la proximité des autorités augmente les chances du développement des entreprises. C’est surement vrai à l’échelle de la Chine, à celle de la Suisse c’est ridicule. Le gouvernement d’un canton a des moyens pour aider au développement de ses entreprises. L’éducation et l’offre de formation spécifique sont des outils essentiels. La promotion économique peut par son soutien à se profiler à l’occasion d’expositions internationales encourager les efforts d’exportation. Le rôle des promotions économiques cantonales est d’aider les jeunes pousses et de soutenir les expansions d’entreprises existantes. Mais l’orientation et les visions de l’entreprise sont de la responsabilité des entrepreneurs et d’eux seuls.

Le jeune industriel qui aspire à plus de proximité avec les autorités dirige la seule grande entreprise du Jura Bernois qui n’est pas membre de la chambre économique du Jura-Bernois, là où l’on rencontre ses collègues, mais aussi les autorités. Chercher l’erreur…

Non vraiment, les partisans du oui n’ont pas de chance, ils ne peuvent que nous affaiblir en nous intégrant dans le canton du Jura. Et ce n’est pas la rédaction d’une constituante qui nous séduira. Nos atouts perdront en valeur. On ne peut pas être fort au basket en mesurant 1m50.

Les jurassiens doivent enfin reconnaître la légitimité de nos arguments. Nous désirons rester bernois ! Le Jura Bernois n’a pas suivi il y a 40 ans, il ne suivra pas cette fois encore. Je comprends qu’avec nous le Jura pourrait mieux assumer son administration. Le Canton de Berne compte 16,4 fonctionnaires (canton, districts, communes) pour 1000 habitants alors que le Jura en compte 20,3, 24% de plus !. Le Jura Bernois diluerait cette charge mais ne retrouvera jamais les conditions qu’il connaît aujourd’hui.

L’émancipation et la formation des prochaines générations est ma préoccupation. C’est d’ailleurs la mission de chacun d’entre nous. Rester dans le canton de Berne offre de meilleures perspectives à notre jeunesse.

Faites comme moi, votez non le 24 novembre et nous serons débarrassés de cette question jurassienne. Les partisans du oui, pourront eux aussi participer au développement du Jura Bernois, au travers des institutions, des partis politiques et abandonner leur pensée unique qui nous a minés durant des décennies.

Cela ira très bien, vous verrez !

Marc-Alain Affolter, Malleray, membre du comité Notre Jura bernois

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