Jean-Pierre Graber, historien

Dans un récent courrier de lecteur, Jean-Pierre Graber brasse thèses religieuses et divagations linguistiques pour montrer que les « sudistes » sont plus bernois que jurassiens, les uns étant cathos d’oïl, les autres protestants d’oc ! Sauf que l’ex-sénateur de La Neuveville oublie qu’il a été déchu de son fauteuil fédéral par la volonté même de ses « frères » UDC, qui savent, eux, faire la différence entre un vrai Bernois et un faux, ce dernier fût-il prêt à toutes les compromissions.

Le reniement est-il à ce point ancré dans certains esprits qu’il en devient penchant naturel ? Il est vrai que M. Graber doit avoir dans ses gènes quelque chose qui le prédispose à l’ambivalence. En effet, député socialiste neuchâtelois de 1969 à 1979, puis député libéral toujours dans le canton de Neuchâtel de 1981 à 1984, enfin Conseiller national UDC bernois de 2007 à 2011, on peut au moins penser qu’il n’est pas exactement l’exemple de la rigueur intellectuelle ni de la constance idéologique !

Quant à l’histoire et au 13e siècle ( !) qu’il convoque pour appuyer sa démonstration, M. Graber, tout historien qu’il prétend être, ne peut se souvenir de cette déclaration bernoise du 5 mai 1949, puisque, né en 1946, il ne savait pas lire à ce moment-là. La voici telle qu’il ne devrait pas l’ignorer :

« L'histoire a donné à ce pays un caractère particulier qui le distingue de l'Ancien canton par son esprit et sa culture. L'opinion publique a bien conscience des différences qu'il y a entre l'Ancien canton et le Jura (…). Il apparaît ainsi comme un acte de sagesse politique de répondre au vœu de la population jurassienne et de consacrer la reconnaissance de son caractère propre dans la Constitution qui est la loi fondamentale de l'Etat. » Cette déclaration est signée par la Direction de la Justice du canton de Berne !

Que faut-il ajouter à cela ?

Mouvement autonomiste jurassien

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