The End

Il y a quelques jours sur les ondes de la RTS, une journaliste déconseillait d’aller voir la 7ème et dernière mouture de Star Wars aux auditeurs. En effet, si comme elle et 80% de la population ils n’avaient pas vu les opus précédents, ils n’y comprendraient pas grand-chose.

Car il faut être un « jeadhiste » initié pour apprécier.

Dommage, car paraît-il on peut y découvrir de nouvelles aventures fantastiques et inédites.

Malheureusement la saga de la « question » Jurassienne, elle, relève plus des séries télévisées, Top Modèle, des Feux de l’Amour ou plus Belle la vie, que de Star Wars.

Depuis des dizaines d’années on y voit des acteurs répétant le même scénario. Le fait qu’ils deviennent ridés, chauves ou bedonnants ne change rien au discours. Après de nombreuses péripéties, une demi –douzaine d’échecs sentimentaux, moult divorces, ils n’ont pas évolué, ils distillent leur fiel. Avec une attitude pleine de sollicitude, dégoulinants de bonne intentions, toujours près à placer un croc en jambe ou à pousser à se prendre les pieds dans le tapis tout ceux qui ne fonctionnent pas selon leur désirs. C’est pernicieux au point que si vous avez zappé au 10ème épisode et que par hasard quelques temps plus tard vous retombez sur le 1253ème, contrairement à Star Wars, vous êtes très vite à nouveau dans le bain car rien n’a changé. Cet exercice de style semble bien plaire dans le canton du Jura où on est prêt à vivre une xème saison dans le virtuel monde des séries télévisées.

Dans le Jura bernois, par contre, on aime des scénarios plus réalistes, la vraie vie en somme. Notre pragmatisme nous a permis au cours des siècles de faire connaître notre savoir faire dans le monde entier. Cela nous donne le sentiment d’exister bien en dehors de nos frontières. Cela nous suffit. Depuis les années septante, la population jurassienne bernoise a passé à autre chose, car toute situation normale évolue. Dans le Jura bernois nous avons évolué au même rythme que le reste du monde. Le réjouissant haut pourcentage des intentions de vote en faveur du maintien de notre région dans le canton de Berne des 18-34 ans le prouve. Même la création de l’artificiel et élitiste Mouvement Universitaire Jurassien, censée mobiliser la jeunesse, a fait un flop. En effet, à vouloir modeler le Jura bernois à leur image, les autonomistes se sont trompés de combat.

Le Jura bernois, et surtout sa jeunesse, a d’autres ambitions que de se consacrer à l’écriture d’une nouvelle série à l’eau de rose « Les joies de la maternité d’un nouveau canton ». Le Jura bernois existe, il a son identité propre, subtil mélange entre la population de ce coin de pays et des personnes venues d’ailleurs apportant leurs coutumes, leurs savoir faire, mais surtout leur goût du travail. Le Jura bernois est une terre ouverte et veux le rester. Alors pour que nous puissions écrire The End et clore ce feuilleton sans lendemain : allez et faites voter non  le 24 novembre prochain.

Chantal Bornoz Flück

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