Ankara affirme vouloir lever l'état d'urgence dès que possible

Ankara affirme vouloir lever l'état d'urgence dès que possible

Photo: Keystone

Le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré mercredi à Strasbourg que la Turquie lèverait l'état d'urgence dès que la situation sera 'pleinement normalisée' dans le pays. Mais il a souligné que la menace sur les institutions du pays persistait.

La semaine dernière, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, avait exhorté Ankara à mettre fin 'dès que possible' à l'état d'urgence instauré après le putsch de juillet.

'Je comprends bien que vous soyez inquiets', a indiqué M. Cavusoglu lors d'un discours devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tout en appelant ses membres à venir en Turquie pour 'se rendre compte de la gravité de la situation'. Il a également martelé que 'la menace n'est pas complètement abolie'.

Il a ajouté que les autorités turques avaient été 'contraintes' de décréter l'état d'urgence pour 'essayer de se débarrasser de cette organisation (le mouvement de l'ex-prédicateur Fethullah Gülen, ndlr) qui est à l'origine du coup d'Etat et s'est infiltrée dans tous les rouages de l'Etat'.

Mardi soir, le parlement turc avait entériné la décision du gouvernement de prolonger de 90 jours l'état d'urgence, à compter du 19 octobre prochain. Ce vote était une formalité dans la mesure où l'AKP, le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, détient une confortable majorité au parlement.

Erreurs dans les purges

Alors que le pouvoir turc a lancé de vastes purges dans la fonction publique à l'encontre de personnes soupçonnées de liens avec précisément M. Gülen, le chef de la diplomatie a reconnu mercredi que des fonctionnaires avaient pu être limogés par erreur.

'Des erreurs, c'est vrai, ont été commises. Notre responsabilité est de les corriger et de respecter le droit', a-t-il expliqué, tout en précisant que 3000 fonctionnaires avaient déjà pu être réintégrés.

D'après des chiffres des autorités turques, 32'000 personnes au total ont été arrêtées en Turquie dans l'enquête sur la tentative de coup d'Etat et 70'000 font toujours l'objet d'enquêtes.

Mise à pied de gradés de l'OTAN

Enfin, selon des documents que l'agence de presse Reuters a pu consulter, le gouvernement turc aurait également révoqué des centaines de gradés attachés à l'OTAN en Europe et aux Etats-Unis.

L'un de ces documents montre que 149 militaires attachés aux centres de commandement en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont reçu le 27 septembre l'ordre de retourner en Turquie sous trois jours.

Une majorité d'entre eux ont été limogés, arrêtés et emprisonnés dès leur arrivée, selon un responsable turc en poste à l'OTAN. Ses informations ont été corroborées par deux courriers d'adieux adressés par des militaires turcs à leurs collègues de l'OTAN. Dans l'une de ces lettres, on évoque une 'chasse aux sorcières' menée au sein du commandement des forces aériennes servant à l'étranger.

Selon la source militaire turque, environ 400 attachés ont été révoqués. Deux membres du personnel de l'OTAN ont confirmé les révocations mais n'ont donné aucun détail supplémentaire.

Par ailleurs, des sources sécuritaires en Turquie ont indiqué mercredi qu'au moins 49 personnes, dont des responsables du principal parti pro-kurde, ont été arrêtées dans l'est et le sud-est de la Turquie pour 'propagande terroriste' liée à la rébellion kurde du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces arrestations auraient eu lieu dans les régions d'Hakkari (sud-est) et Van (est).

/ATS
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