Attentats de Copenhague: procès de quatre complices présumés

Procès à Copenhague: l'accusation accable les complices présumés

Photo: Keystone

L'accusation a dévoilé jeudi un dossier accablant en apparence à l'encontre de quatre Danois jugés pour terrorisme. Ces complices présumés ont apporté un soutien logistique à l'auteur du double attentat djihadiste de Copenhague, en février 2015.

Selon un scénario rappelant les attentats commis contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo et un Hyper Cacher à Paris, Omar El-Hussein avait tué deux personnes et blessé cinq policiers le 14 février 2015 en attaquant une conférence sur la liberté d'expression, puis une synagogue.

Ce Danois d'origine palestinienne de 22 ans avait ensuite été abattu dans un échange de tirs avec les policiers.

À l'ouverture du procès de ses complices présumés, jeudi, le procureur a estimé qu'ils ne pouvaient ignorer les intentions du tueur, que certains fréquentaient depuis l'enfance. Ils ont voulu 'déstabiliser ou détruire les fondements politiques, constitutionnels, économiques et sociaux' du Danemark, a lancé Bo Bjerregaard.

Vidéo de surveillance

Ce procès, événement rare dans la lutte contre le djihadisme en Europe, se tient dans un contexte de menace toujours très élevée après les attaques qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris.

Le procureur a présenté les pièces de l'instruction fondant son accusation: les deux pistolets retrouvés sur le cadavre d'Omar El-Hussein, et trois munitions de 9 mm provenant d'une boîte de 50 balles saisie quatre jours plus tard chez un accusé de 31 ans.

Une vidéo de caméra de surveillance, diffusée à huis clos, montre l'assassinat d'un fidèle juif de 37 ans, qui montait la garde devant la grande synagogue de la capitale.

Plusieurs jurés ont été manifestement émus par les images. Les accusés ont paru indifférents.

Fourniture de munitions

L'autre séquence permet de voir El-Hussein et deux accusés, âgés de 20 et 23 ans, dans un cybercafé après l'attaque du lieu de culte juif. Les attentats commis par leur ami font la Une des télévisions du monde entier. Mais les hommes semblent plaisanter. El-Hussein reproduit même d'une main un geste de tir avec une arme de poing.

En compagnie du quatrième accusé, âgé de 26 ans, ils comparaissent pour avoir fourni des munitions, un sweat-shirt à capuche et un sac, et avoir facilité l'accès à un ordinateur dans un cybercafé d'où El-Hussein avait localisé le lieu de culte.

Pas de réseau

Selon les enquêteurs, le tueur avait fait allégeance au chef du groupe djihadiste État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, sur sa page Facebook le jour des attentats mais n'avait aucun lien connu avec des réseaux djihadistes.

Poursuivis pour la seule attaque de la synagogue, les accusés sont des délinquants déjà condamnés pour des faits allant du simple cambriolage à la détention d'armes automatiques. Deux d'entre eux sont également jugés pour s'être débarrassés de l'arme utilisée dans la première attaque.

Ignorance des desseins

Tandis que le procureur justifiait la peine de réclusion à perpétuité qu'il entend requérir en vertu de la loi réprimant les actes de terrorisme visant à 'effrayer une population', un des accusés a protesté: 'Je ne voulais pas effrayer une population'.

Son avocate a expliqué que si son client était bien un ami d'Omar El-Hussein, il ignorait tout de ses desseins. 'Il dément avoir su quoi que ce soit concernant un acte de terrorisme', a déclaré Mette Grith Stage.

Place au paradis

El-Hussein avait d'abord ouvert le feu au fusil d'assaut sur le centre culturel Krudttønden, où se tenait un débat sur 'Art, blasphème et liberté' avec Lars Vilks, Suédois auteur de caricatures du prophète Mahomet. Le cinéaste danois Finn Nørgaard, 55 ans, avait été tué, et quatre policiers blessés.

Se sachant identifié, le tueur avait sollicité de l'aide pour commettre un second attentat. Avant de mourir, il avait écrit à ses 'frères' en se vantant d'avoir gagné sa place au 'paradis', selon des sources policières citées par Radio24syv.

Les accusés encourent la réclusion à perpétuité. S'ils écopent de cette peine, ils passeront au minimum 12 ans en prison.

/ATS
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