Burundi: deux camps militaires attaqués, combats très violents

Burundi: deux camps militaires attaqués, combats très violents

Photo: Keystone

Des assaillants lourdement armés ont attaqué vendredi deux camps militaires de Bujumbura, capitale du Burundi, avant d'être repoussés après plusieurs heures de combat. Ces affrontements ont été les plus intenses depuis la tentative de coup militaire en mai dernier.

Au moins 12 assaillants ont été tués, selon un premier bilan. De nombreux riverains des camps ont fait état de combats particulièrement violents, marqués par des explosions et des tirs nourris d'armes automatiques. Un haut-gradé de l'armée burundaise, ayant requis l'anonymat, a fait état de 'dizaines de morts chez les assaillants' et de 'pertes' du côté de l'armée. Le porte-parole de l'armée burundaise a déclaré que 5 militaires avaient été blessés.

Vendredi matin très tôt, 'des hommes lourdement armés ont attaqué le camp Ngagara et l'ISCAM' (Institut supérieur des cadres militaires, l'école des officiers burundais), respectivement dans le nord et le sud de Bujumbura, a indiqué ce haut-gradé.

'Après plus de deux heures d'affrontements', les assaillants de l'ISCAM 'ont été repoussés' et 'pratiquement tous les assaillants ont été tués dans le camp Ngagara', a-t-il ajouté, assurant que la situation était en passe d'être 'totalement' maîtrisée.

L'Etat d'urgence pourrait être instauré

Mais des affrontements ont continué d'être signalés dans la matinée dans divers quartiers de la capitale burundaise, quadrillée par l'armée et où des opérations de 'ratissage' avaient lieu, ont indiqué plusieurs témoins. Selon une source sécuritaire, les combats avaient baissé d'intensité en fin de matinée.

Le Conseil des ministres, présidé par le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza, devrait se pencher sur la question sécuritaire, et pourrait proclamer l'état d'urgence, selon un source à la présidence.

Les ambassades des Etats-Unis, de Belgique, de France et des Pays-Bas ainsi que l'ONU ont appelé vendredi leurs ressortissants et employés à ne pas quitter leur domicile.

La situation au Burundi devait également être évoquée vendredi soir dès 23h00 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Son secrétaire général, Ban Ki-moon, a condamné ces attaques.

Inquiétudes en Europe

Un diplomate européen a déploré 'une escalade très inquiétante; il s'agit de véritables opérations militaires ou paramilitaires qui se déroulent dans la capitale'.

Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp estiment contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006).

L'échec du coup d'Etat militaire puis la brutale mis au pas des quartiers contestataires à la mi-juin, après six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura, et la réélection à la mi-juillet du président Nkurunziza lors d'un scrutin controversé, n'ont pas empêché les violences de s'intensifier.

La communauté internationale s'inquiète de possibles violences à grande échelle, dans un pays à l'histoire post-coloniale marquée par des massacres entre majorité hutu et minorité tutsi.

/ATS
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