Burundi: les anti-troisième mandat suspendent le « dialogue »

Appel au dialogue au Burundi après le meurtre d'un opposant

Photo: Keystone

L'ONU et l'Union européenne ont exhorté dimanche le pouvoir burundais et l'opposition à ne pas laisser les violences faire échouer le dialogue. Les opposants ont décidé de se retirer des pourparlers au lendemain de l'assassinat du chef d'un parti d'opposition.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a condamné l'assassinat de Zedi Feruzi, chef de l'Union pour la paix et la démocratie (UPD), qui militait contre la candidature du président sortant Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Il a appelé 'toutes les parties au dialogue politique consultatif à ne pas se laisser décourager par ceux qui, par la violence, cherchent à empêcher l'avènement d'un climat propice à des élections pacifiques, crédibles et inclusives au Burundi', ont fait savoir ses collaborateurs.

L'UE lui a fait écho. Elle a exhorté 'toutes les parties à s'engager de bonne foi dans un dialogue politique', a indiqué une de ses porte-parole.

Tué par balles

L'émissaire spécial de l'ONU dans la région des Grands lacs, Saïd Djinnit, et d'autres médiateurs internationaux parrainent un dialogue entre parties rivales pour tenter de trouver une issue à la crise politique que connaît le Burundi depuis que M. Nkurunziza a annoncé à la fin avril son intention de briguer un troisième mandat.

Zedi Feruzi était 'un des leaders du mouvement' contre le troisième mandat. Il a été abattu par balles samedi soir avec un de ses gardes du corps alors qu'il rentrait à son domicile dans le quartier de Ngarara.

Dialogue suspendu

Après cet assassinat, Anshere Nikoyagize, chef de la Ligue ITEKA, une organisation de la société civile, a déclaré que les ONG et les partis de l'opposition ne participeraient plus au dialogue qui s'était engagé ce mois-ci. D'autres ont fait écho à ses propos.

'Nous ne pouvons pas négocier avec le président de la République, eu égard aux violations de la Constitution ou à la violation des accords d'Arusha. C'est impossible', a déclaré Frederick Bamvuginyumviye, vice-président du parti d'opposition Frodebu.

'Hors de contrôle'

Un responsable du service de presse de la présidence burundaise a toutefois déclaré à Reuters que des pourparlers s'étaient déroulés dimanche en présence de certaines organisations de la société civile et de deux partis politiques. Il n'a pas donné davantage de précisions.

'L'objectif numéro un est de trouver le moyen de sortir de cette situation', a-t-il dit. 'La situation commence à échapper à tout contrôle'.

Plus de 110'000 Burundais, soit 1% de la population, ont déjà fui à l'étranger, par crainte d'une propagation des violences en dehors de la capitale.

/ATS
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