Combats meurtriers dans le sud du Yémen en dépit de la trêve

Combats meurtriers dans le sud du Yémen en dépit de la trêve

Photo: Keystone

Les combats se sont ranimés samedi entre rebelles et partisans du pouvoir dans le sud du Yémen. Ces affrontements menacent la trêve mise en place par la coalition arabe, laquelle maintient cependant une pause dans les raids contre les insurgés.

Les violences se sont intensifiées à la veille de l'expiration de la trêve humanitaire de cinq jours. Celle-ci a été initiée par l'Arabie saoudite, chef de file de la coalition de pays arabes, qui avait lancé fin mars des frappes aériennes contre les rebelles chiites Houthis.

Au moins 12 civils ont été tués et 51 blessés samedi dans le bombardement à l'arme lourde et aux obus par les rebelles de plusieurs quartiers de Taëz. Par ailleurs, 26 rebelles et 14 de leurs adversaires ont péri dans des combats, selon des sources militaires et locales.

A Aden, des affrontements se concentraient dans le nord de la ville où les rebelles et leurs alliés tentaient de reprendre des positions récemment perdues, ont indiqué des sources militaires.

Avertissement de la coalition

La tension était également vive à Dhaleh. Elle résulte d'une embuscade tendue dans la nuit à un convoi de miliciens chiites qui s'est soldée par la mort de cinq rebelles, selon un responsable local.

Dans la province de Chabwa, des hommes de tribus ont repris la région pétrolière d'Usaylan après deux jours d'affrontements avec les rebelles et leurs alliés qui contrôlaient cette région, ont indiqué des sources militaires et tribales. Les combats auraient fait de 22 morts dans les deux camps.

La coalition, qui a suspendu ses raids aériens depuis le début de trêve mardi soir, a prévenu qu'elle perdait patience face aux 'violations' répétées par les rebelles du cessez-le-feu de cinq jours, en principe renouvelable.

Exode de la population

Les violences ont provoqué un mouvement d'exode d'une partie de la population de Taëz vers des zones rurales plus sûres. D'autant plus que l'aide humanitaire promise manquait dans la ville, selon des habitants.

A Ryad, où il s'est exilé devant la progression des Houthis dans le Sud, le président Abd Rabbo Mansour Hadi devait s'exprimer dimanche à l'ouverture d'une conférence sur une sortie de crise au Yémen.

'Toutes les factions politiques yéménites participeront à la conférence de Ryad à l'exception de la milice des Houthis qui, invitée officiellement, a refusé d'y prendre part', a déclaré un membre du cabinet de M. Hadi.

L'ex-président Saleh 'n'a pas été invité, car il est frappé de sanctions internationales', décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il ajouté.

Décisions attendues

La conférence de Ryad 'ne sera pas un cadre de dialogue, mais un forum de prise de décisions' pour rétablir les structures de l'Etat, conquises par les Houthis, a affirmé un responsable de la commission préparatoire de la conférence. 'Tous les moyens militaires et politiques seront utilisés' pour rétablir l'autorité du président Hadi, a-t-il ajouté laconiquement.

Mettant à profit le chaos dans le pays, Al-Qaïda a de son côté capturé 36 militaires à Moukallah. Les djihadistes contrôlent cette ville portuaire du sud-est depuis avril, selon un responsable local.

/ATS
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