Coronavirus MERS: pas d'urgence sanitaire internationale

Coronavirus MERS: pas d'urgence sanitaire internationale

Photo: Keystone

Le comité d'experts réuni par l'OMS sur l'épidémie de coronavirus MERS en Corée du Sud a conclu que les conditions d'une urgence sanitaire de portée internationale ne sont pas réunies. En Suisse, l'OFSP a indiqué que le nouveau virus n'avait pas encore été détecté.

La Corée du Sud a annoncé mercredi un 20e décès dû au coronavirus du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), alors que l'inquiétude grandit quant à la capacité des autorités à contenir l'épidémie, la plus étendue en dehors de l'Arabie saoudite. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que 162 cas ont été confirmés et que 6500 contacts ont été identifiés en Corée du Sud.

La quasi-totalité des contaminations se sont produites en milieu hospitalier, mais des patients diagnostiqués ces derniers jours n'avaient pas été placés en quarantaine et ont poursuivi leurs activités normales, ce qui accroît d'autant l'angoisse de la population. Les autorités ont été critiquées pour leur gestion de la crise.

Facteurs aggravants

Le comité d'experts a examiné les conclusions de la mission de l'OMS sur place et dressé une longue liste de facteurs ayant facilité la propagation du virus en Corée du Sud: manque de sensibilisation du personnel de santé, mesures de prévention insuffisantes, contacts prolongés de patients infectés dans des salles d'hôpitaux surpeuplées et des chambres à plusieurs lits; ainsi que la pratique de chercher des soins dans plusieurs hôpitaux et des membres des familles de visiter les patients infectés.

La nature du virus n'a pas changé par rapport à celle circulant au Moyen-Orient, a souligné le Dr Keiji Fukuda. Sa transmission a lieu principalement dans les hôpitaux. Une ventilation insuffisante peut jouer un rôle.

'Les fondamentaux sont semblables à ce que nous avons connu au Moyen-Orient dans le passé', a dit le Dr Fukuda.

Un signal d'alarme

Tout en affirmant que les conditions d'une urgence sanitaire internationale ne sont pas réunies, le comité avertit que cette flambée est 'une sonnette d'alarme et que dans un monde très mobile, tous les pays doivent être préparés à des flambées de ce type ou d'autres maladies infectieuses'.

Une surveillance étroite de la situation reste critique en Corée du Sud. Il faut s'assurer que les personnes infectées ne voyagent pas à l'étranger. Des cas vont continuer à apparaître pendant quelques semaines, tous les contacts n'ayant pas été identifiés, a précisé le Dr Fukuda.

Depuis que le premier patient a été diagnostiqué le 20 mai à son retour d'un voyage dans le royaume saoudien, l'épidémie a progressé à un rythme inhabituellement soutenu. Il n'existe aucun vaccin ou traitement pour ce virus, apparu en septembre 2012.

L'OMS ne recommande pas de restrictions aux voyages et au commerce avec la Corée du Sud. Des mesures spéciales de contrôle dans les aéroports et ports ne sont pas nécessaires à ce stade.

En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) suit attentivement la situation et s'appuie sur l'évaluation de l'Union européenne, a-t-il indiqué mercredi à l'ats. Le nouveau virus n'a pas encore été détecté. Le risque que quelqu'un l'introduise et qu'il se propage est réduit. Les épidémiologistes ont été cependant avertis. Un éventuel patient porteur du coronavirus MERS serait placé immédiatement en isolement.

/ATS
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