Des civils tués après des raids sur des dépôts d'armes à Sanaa

Des civils tués après des raids sur des dépôts d'armes à Sanaa

Photo: Keystone

Des avions de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ont bombardé lundi des positions tenues par les rebelles chiites houthis dans presque toutes les régions du Yémen. Au moins huit civils ont été tués et une vingtaine blessés à Sanaa, selon un médecin.

Des appareils de la coalition ont bombardé Jebel Noqom, une colline surplombant l'est de Sanaa. Un quartier en contrebas en a été la victime collatérale. Le raid visait des dépôts d'armes. Des habitants ont été touchés par des projectiles et des éclats provenant des déflagrations dans les dépôts, selon des témoins.

Trois heures après les raids, des flammes s'élevaient toujours du site où les explosions se poursuivaient projetant des fragments à cinq kilomètres à la ronde et provoquant un exode de la population vers des quartiers plus sûrs, ont déclaré à l'AFP des habitants.

Jebel Noqom, important site militaire contrôlé par les Houthis depuis la prise de Sanaa en septembre, a été bombardé au moins deux fois par la coalition, faisant à chaque fois des victimes civiles. Le 12 mai, une septantaine de personnes ont déjà péri dans des explosions provoquées par des raids, alors que de précédentes frappes aériennes contre des dépôts d'armes là encore près de Sanaa avaient déjà fait une quarantaine de morts à mi-avril.

Plusieurs régions visées

Des raids ont en outre pris pour cibles des positions des rebelles dans la province d'Amrane, au nord de Sanaa, ainsi que des dépôts d'armes et des sites tenus par la rébellion dans la province de Hodeida (ouest), sur la mer Rouge, selon des habitants.

Dans le sud du pays, des concentrations de la rébellion ont été touchés par quatre raids à Saneh et Qaatabeh, dans la province de Dhaleh, selon des sources militaires et tribales.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'aviation de la coalition a également visé des dépôts d'armes et des positions de la rébellion à Marrane, dans la province de Saada (nord), bastion des Houthis, ainsi que dans la province voisine d'Al-Jawf, frontalière de l'Arabie saoudite, et dans celle d'Ibb (centre), toujours selon des témoins.

Le conflit au Yémen a déjà fait 2000 morts et 8000 blessés, en majorité des civils, selon l'Organisation mondiale de la santé. Il a également forcé plus de 500'000 personnes à quitter leur foyer.

Aden coupé du monde

Des responsables de l'ONU ont indiqué lundi que plusieurs milliers de tonnes d'aide humanitaire n'ont pu être livrées dans le port d'Aden en raison des combats qui se poursuivent dans la ville. Le MV Amsterdam, qui transportait assez de nourriture pour alimenter 60'000 personnes pendant un mois et qui était attendu à Aden, a été contraint de se dérouter vers le port d'Houbbaïda, a précisé le Programme alimentaire mondial (Pam) dans un communiqué.

Aden, deuxième ville du Yémen, est le théâtre de violents combats entre des combattants sunnites appuyés par l'Arabie saoudite et fidèles au président en exil Abd Rabbou Mansour Hadi et les Houthis qui se sont rendus maîtres de la majeure partie du pays.

'Il s'agit d'une crise humanitaire', a commenté Abeer Etefa, porte-parole du Pam. 'La ville n'a plus reçu d'aide depuis longtemps'. Les habitants de la ville vivent sans eau courante et sans électricité et les magasins d'alimentation sont vides en raison de l'absence de ravitaillement, a précisé Abeer Etefa.

Vidéo d'une otage française

A Sanaa, une vidéo d'une otage française, enlevée voici trois mois dans la capitale, a été mise en ligne lundi sur YouTube. Dans ce document d'une vingtaine de secondes, la jeune femme, vêtue de noir et assise sur le sol, s'adresse à François Hollande ainsi qu'à Abd Rabbo Mansour Hadi pour leur demander d'agir en vue de sa libération.

Les autorités françaises, qui ont authentifié le document, ont indiqué que 'tous les services de l'Etat compétents sont mobilisés' pour obtenir sa libération.

L'otage, qui travaillait pour une société de conseil, et son interprète yéménite, avaient été enlevées le 24 février à Sanaa par des hommes déguisés en policiers alors qu'elles se rendaient en voiture à leur travail.

/ATS
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