Des crimes contre l'humanité sont commis en Erythrée, selon l'ONU

Des crimes contre l'humanité sont commis en Erythrée, selon l'ONU

Photo: Keystone

De graves violations des droits de l'homme, systématiques et massives, sont commises en Erythrée. Certaines d'entre elles peuvent constituer des crimes contre l'humanité, a affirmé lundi à Genève une commission d'enquête de l'ONU.

La commission présidée par le juriste australien Mike Smith affirme que l'Erythrée est 'un Etat totalitaire qui contrôle la population par l'intermédiaire d'un vaste appareil sécuritaire qui a pénétré tous les secteurs de la société'. La torture est largement répandue dans les centres de détention.

Il règne 'un climat de peur' étouffant toute dissidence. Une large proportion de la population est soumise au travail forcé et à l'emprisonnement et des centaines de milliers de personnes ont fui le pays, affirme le rapport de la commission d'enquête créée par le Conseil des droits de l'homme il y a un an.

'L'information collectée à travers un système de contrôle omniprésent est utilisée de manière complètement arbitraire pour maintenir la population dans un état d'anxiété permanente', ajoute le document de 500 pages.

Droit à une protection

La commission plaide fermement en faveur d'une protection pour les centaines de milliers de réfugiés érythréens ayant fui leur pays. Elle avertit du danger de les renvoyer dans un pays qui punit toute personne l'ayant quitté sans permission.

'Les accuser de quitter leur pays seulement pour des raisons économiques, c'est ignorer la situation désastreuse des droits de l'homme en Erythrée et les souffrances bien réelles de ce peuple. Les Erythréens ont droit à une protection internationale', déclare la commission d'enquête.

Peur des représailles

Les enquêteurs n'ont pas été autorisés à se rendre en Erythrée, mais ont interrogé 550 réfugiés dans huit pays et reçu 160 témoignages écrits. 'La crainte des représailles, même parmi les réfugiés, est un défi majeur', selon la commission.

'Beaucoup de témoins potentiels résidant en dehors du pays avaient peur de témoigner, parce qu'ils pensaient être surveillés de manière clandestine par les autorités d'Asmara et craignaient pour leur sécurité et celle des membres de leur famille en Erythrée', affirme le rapport.

/ATS
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