Emmanuel Macron reproche à Hollande de faire « les choses à moitié »

Emmanuel Macron reproche à Hollande de faire

Photo: Keystone

Emmanuel Macron justifie son départ du gouvernement par le fait que François Hollande a fait 'beaucoup de choses à moitié'. Il regrette aussi qu'on l'ait empêché de porter son projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé).

Dans une interview au Journal du Dimanche, l'ex-ministre de l'Economie déclare en outre que son objectif est que 'les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent'. Il laisse néanmoins en suspens la question de sa propre candidature.

'Je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser, dit-il. 'Mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié!'

'Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape des réformes économiques comme je le proposais avec la loi Noé. Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un dissensus sur la déchéance (de nationalité des auteurs d'acte de terrorisme, auquel François Hollande a renoncé après l'avoir envisagée)', ajoute-t-il.

'J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique européenne', poursuit l'ancien ministre. Il a souligné avoir exprimé ses désaccords 'de manière apaisée, dès le début' et que le chef de l'Etat connaissait ses convictions.

Candidatures

A la question de savoir s'il a demandé au chef de l'Etat s'il serait candidat à sa propre succession, et s'il aurait démissionné en cas de réponse positive, il répond: 'Je ne sais pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix n'est pas fait.'

'Vous ne savez pas s'il le sera, ni si je le serai. Encore une fois, avoir des idées claires, des convictions partagées, c'est la condition pour faire et c'est cela dont le pays a besoin', soutient-il encore.

'Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France', déclare-t-il également lors de cet entretien.

'Héraut du conservatisme'

L'ancien ministre s'en prend plus particulièrement à Nicolas Sarkozy, en qui il voit 'clairement l'un des hérauts du conservatisme'. 'Sa vision de l'identité française est une forme de rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes: c'est incohérent.'

Sondage

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 74% des Français jugent qu'Emmanuel Macron a eu raison de quitter Bercy Et 45% d'entre eux souhaitent qu'il se présente à l'élection présidentielle alors qu'ils étaient 40% en juin.

L'enquête a été réalisée les 1er et 2 septembre par internet auprès d'un échantillon de 1024 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

/ATS
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