L'accord UE-Turquie sur les migrants suscite de vives inquiétudes

L'accord UE-Turquie sur les migrants suscite de vives inquiétudes

Photo: Keystone

Le projet d'accord UE-Turquie sur les migrants a suscité jeudi des questions sur sa compatibilité avec les droits de l'Homme. L'ONU a jugé 'illégales' les expulsions collectives envisagées et plusieurs pays se sont inquiétés de compromissions avec le régime d'Ankara.

A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a fait part de ses 'graves inquiétudes'. 'Les restrictions aux frontières' qui ne prennent pas en considération le parcours de chaque individu 'violent le droit international et européen', a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies.

Le projet d'accord entre l'UE et Ankara prévoit de renvoyer vers la Turquie tous les migrants, y compris les demandeurs d'asile syriens qui fuient la guerre dans leur pays. En échange, les Européens s'engageraient, pour chaque Syrien renvoyé, à transférer un réfugié syrien depuis la Turquie vers le territoire de l'UE.

Vérifier la faisabilité

Déjà contesté par les ONG, le projet UE-Turquie est aussi loin de faire l'unanimité au sein des 28. Plusieurs membres de l'UE ont exprimé leurs doutes, inquiets de sa faisabilité, mais aussi d'éventuelles compromissions avec le régime de Recep Tayyip Erdogan, taxé de dérive autoritaire.

Les ministres de l'Intérieur des 28 étaient réunis jeudi à Bruxelles pour examiner les nombreux 'détails' de l'accord à affiner. Il faut vérifier la faisabilité du plan avec la Turquie, sur le plan 'légal, diplomatique, politique, mais aussi humain', a déclaré le ministre luxembourgeois Jean Asselborn.

Les Turcs sont 'très éloignés des valeurs et principes de l'Europe', a aussi souligné le ministre belge Jan Jambon. Une des contreparties demandées par Ankara pour sa collaboration dans le dossier migratoire est l'ouverture rapide de nouveaux chapitres dans ses négociations d'adhésion à l'UE.

La moitié des critères

A l'origine de ce malaise, la mise sous tutelle toute récente du grand quotidien Zaman dans le cadre d'une enquête sur Fethullah Gülen. Cet opposant et prédicateur vit en exil aux Etats-Unis et se trouve dans le collimateur du président turc.

Des responsables européens soulignent en outre que la Turquie ne remplit qu'environ la moitié des 72 critères définis par l'Union européenne pour une libéralisation des visas pour les citoyens turcs. Cette ouverture est un des éléments clefs du projet d'accord entre l'Union et la Turquie sur les migrants.

L'Allemagne, qui a déjà accueilli plus d'un million de migrants, a en revanche défendu ce plan, dénonçant, avec la Grèce, la récente fermeture 'unilatérale' de la route des Balkans. Les 28 pays de l'Union ont annoncé qu'ils prendraient une décision d'ici le prochain sommet réunissant leurs chefs d'Etat et de gouvernement, prévu les 17 et 18 mars.

/ATS
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