L'armée brise le siège de l'EI autour d'un aéroport-clé près d'Alep

L'armée brise le siège de l'EI autour d'un aéroport-clé près d'Alep

Photo: Keystone

L'armée syrienne a remporté mardi sa première victoire significative face à l'EI depuis le début de l'intervention russe, brisant un siège de plus de deux ans sur l'aéroport militaire de Kweires près d'Alep. A Lattaquié, la chute de deux obus a fait au moins 23 morts.

Des éclaireurs de l'armée sont entrés mardi en fin d'après-midi dans cet aéroport du nord du pays, selon un photographe collaborant avec l'AFP. Les militaires ont pu entrer dans l'aéroport par l'ouest, mais des combattants du groupe Etat islamique (EI) se trouvent toujours dans d'autres secteurs autour de l'aéroport, a-t-il précisé.

'L'armée arabe syrienne fait la jonction avec les forces défendant la base aérienne à l'aéroport de Kweires', a indiqué de son côté la télévision publique dans un bandeau, assurant que des combattants de l'EI avaient été tués.

Selon l'agence officielle Sana, le président Bachar al-Assad a appelé le chef des forces ayant brisé le siège et le général chargé de l'aéroport pour les féliciter. 'Votre persévérance (...) est un grand exemple de votre foi en la République arabe syrienne et ses soldats héroïques', a-t-il dit.

Cet aéroport, à l'est d'Alep, avait été assiégé à partir d'avril 2013 par une coalition de rebelles. Après une guerre fratricide entre djihadistes et groupes rebelles en janvier 2014, c'est l'EI qui l'avait encerclé.

Puissance de feu russe

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats se déroulaient mardi soir entre l'armée et l'EI à l'est, au nord et à l'ouest de l'aéroport.

Cette offensive pour reprendre le bâtiment, lancée fin septembre, a été appuyée par des combattants iraniens, des miliciens du Hezbollah chiite libanais et par des frappes aériennes russes, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Alliée indéfectible du régime de Bachar al-Assad, la Russie est intervenue le 30 septembre dans le conflit en lançant des raids aériens sur les djihadistes et les rebelles, afin d'aider l'armée syrienne à reprendre du terrain.

Selon le directeur de l'OSDH, cette victoire, si elle se confirmait, pourrait permettre à l'aviation russe de se déployer dans l'aéroport et ainsi accroître sa puissance de feu, notamment dans la région d'Alep.

Après s'être emparée de plusieurs localités dans la foulée de l'intervention russe, l'armée a essuyé récemment plusieurs revers, perdant notamment ses gains dans la province de Hama (centre).

Explosions meurtrières

D'autre part, à Lattaquié, un fief du régime syrien, au moins 23 personnes ont été tuées et 62 blessées dans la chute de deux obus, selon l'OSDH. Il s'agit du bombardement le plus meurtrier dans cette cité balnéaire qui a été relativement préservée depuis le début de la guerre en 2011.

La télévision syrienne a diffusé des images d'une chaussée maculée de sang, jonchée de débris de voitures et de verre brisé. Des combats ont aussi eu lieu dans l'est et le nord de la province de Lattaquié entre une mosaïque de groupes rebelles et l'armée syrienne appuyée par des supplétifs et des miliciens du Hezbollah.

C'est dans ce fief du régime que se trouve la base de Hmeimim, où sont basés l'aviation et le gros des troupes russes depuis leur arrivée fin septembre. Les Etats-Unis, opposés eux au régime de M. Assad, mènent également des raids en Syrie dans le cadre de la coalition internationale contre l'EI.

Selon le général Herbert 'Hawk' Carlisle, l'un des principaux responsables de l'US Air Force, les militaires russes et américains se parlent 'deux fois par jour' pour échanger des informations sur leurs opérations aériennes respectives dans le pays.

Obus de l'armée et rebelles

Par ailleurs, à Damas, autre fief du régime, une personne a été tuée et cinq autres blessées par des obus tirés par des rebelles sur plusieurs quartiers, selon l'agence de presse officielle Sana. Et dans la ville rebelle de Douma, en banlieue de Damas, quatre civils, dont un enfant, ont péri dans des tirs de roquettes de l'armée, selon l'OSDH.

Déclenché en 2011 après la répression sanglante de manifestations réclamant des réformes, le conflit en Syrie est devenu complexe au fil des années, avec une multiplication des acteurs, locaux et étrangers, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a causé la mort de plus de 250'000 personnes et poussé à la fuite des millions de Syriens.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.