L'offensive armée fait monter les tensions politiques en Turquie

L'offensive armée fait monter les tensions politiques en Turquie

Photo: Keystone

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé comme une 'trahison' mardi la revendication autonomiste du principal parti pro-kurde. Cela alors que règne un climat de quasi guerre civile dans le sud-est du pays, théâtre d'intenses combats entre forces armées et PKK.

L'homme fort de Turquie n'a pas mâché ses mots en attaquant avec virulence le chef de file du parti de la démocratie des peuples (HDP), Selahattin Demirtas, qui a lors du week-end dernier évoqué une possible autonomie pour la minorité kurde.

'Ce que ce coprésident a fait constitue une trahison, une provocation très claire', a martelé M. Erdogan, accusant les responsables de son parti d'être des 'marionnettes' à la solde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le HDP 'recevra une leçon' de la part du peuple et de la loi, a-t-il affirmé.

La justice turque a ouvert une enquête lundi à l'encontre de M. Demirtas, pour ses propos. La Constitution turque interdit toute division du territoire sur des bases ethniques, comme le président l'a rappelé avec insistance.

Combats dans le Sud-Est

Les tensions politiques sont au comble entre le gouvernement islamo-conservateur et les représentants du HDP, troisième force politique de Turquie. Une opération militaire d'une ampleur inédite est menée par 10'000 hommes depuis deux semaines dans plusieurs villes du sud-est anatolien contre les membres du PKK, et surtout son organisation de jeunesse, le YDG-H.

Les combats ont fait plus de 200 morts, selon l'armée, dans les rangs des séparatistes mais n'épargnent pas non plus les civils, qui payent le plus lourd tribut. le bilan est invérifiable de source indépendante car les villes concernées sont sous couvre-feu depuis des semaines, coupées du monde.

Destructions massives

Cizre, Silopi, Nusaybin et le district de Sur, la vieille ville de Diyarbakir, la 'capitale' du sud-est turc, sont les plus touchées.

Une nouvelle victime collatérale des combats a été recensée lundi soir: un garçon de cinq ans qui jouait devant sa maison d'un quartier de Cizre a été tué d'une balle dans la nuque, rapporte le journal Hürriyet.

Un journaliste du quotidien faisait état mardi de scènes de guerre à Sur. Des centaines de maisons et commerces ont été détruits dans l'ancien coeur touristique de Diyarbakir, où les combattants kurdes ont creusé de larges tranchées et érigé des barricades.

Dans cette atmosphère délétère, le chef de l'Etat turc a redit mardi que l'offensive militaire se poursuivrait avec 'détermination'. Il a affirmé que depuis l'été 'plus de 3000 terroristes' avaient été tués lors d'opérations menées en Turquie et dans le nord de l'Irak, où le PKK dispose de bases arrière.

/ATS
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