Le président birman « félicite » Aung San Suu Kyi après sa victoire

Birmanie: Obama félicite le pouvoir sortant, armée prête à coopérer

Photo: Keystone

Le président américain Barack Obama a appelé jeudi son homologue birman pour le 'féliciter' d'avoir permis des élections 'libres'. La puissante armée birmane se dit prête à 'coopérer' avec l'opposante Aung San Suu Kyi, pour la première fois aux marches du pouvoir.

L'appel de Barack Obama à l'ex-général Thein Sein avait pour objet de 'le féliciter, ainsi que son gouvernement, pour avoir réussi à organiser des élections législatives historiques, libres et équitables', selon le ministère de l'Information birman.

Après trente ans de lutte contre la junte, l'opposante Aung San Suu Kyi se retrouve en position de force pour négocier avec les héritiers d'un régime militaire lui ayant fait passer plus de 15 ans en résidence surveillée.

Thein Sein, dernier Premier ministre de cette junte autodissoute en 2011, avait promis que le régime de transition ne truquerait pas ce premier scrutin promis libre depuis un quart de siècle.

'Jalon historique'

Vous pouvez 'être fier de ce succès électoral, qui est un jalon historique', a déclaré le président Obama. Ce dernier a aussi salué les 'réformes courageuses' menées en quatre ans, selon le gouvernement birman.

Au soir du scrutin, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, avait pourtant jugé que 'si ces élections sont un important pas en avant', elles étaient 'loin d'être parfaites'.

Signaux positifs

Depuis les élections de dimanche, le régime d'anciens généraux convertis aux réformes multiplie les signaux en faveur d'une transition pacifique, acceptant de rencontrer sous peu l'opposante à sa demande et saluant sa victoire avant même la publication des résultats définitifs.

Dernier geste en date: le président Thein Sein a 'félicité' dans un communiqué Aung San Suu Kyi pour 'avoir remporté l'approbation du peuple' lors de ces premières élections libres depuis un quart de siècle.

Et le puissant chef de l'armée birmane a promis jeudi de 'coopérer avec le nouveau gouvernement' formé par l'opposante. Le général Min Aung Hlaing a appelé ses troupes à 'l'obéissance et la discipline' lors d'un discours devant les hauts responsables militaires du pays, rendu public par l'armée jeudi.

Selon les derniers résultats officiels, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi était sur le point de franchir la barre des 329 sièges lui permettant d'avoir une majorité dans les deux chambres du Parlement.

Signes de crispation

La réaction de l'armée au raz-de-marée en faveur de la 'Dame de Rangoun' était l'un des principaux motifs d'inquiétude, Aung San Suu Kyi ayant promis de détricoter un système donnant aux militaires un pouvoir politique considérable.

Le chef de l'armée nomme en effet 25% de députés, qui sont des militaires non élus, lui donnant de facto un droit de veto au sein du Parlement. Il nomme aussi des ministres clefs comme celui de la Défense et de l'Intérieur. Avec l'adoubement désormais du président Thein Sein et du chef de l'armée, une alternance historique est en marche.

'Au-dessus du président'

La stratégie ces derniers jours de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a été de laisser au gouvernement post-junte le temps d'accepter leur défaite.

Viendra ensuite le temps des négociations. L'arrivée réelle au pouvoir d'Aung San Suu Kyi devrait prendre du temps, l'assemblée sortante devant encore se réunir plusieurs mois avant de céder la main à la nouvelle majorité parlementaire, à partir de février 2016.

Aung San Suu Kui ne pourra pas devenir présidente dans la foulée (en raison d'une Constitution taillée spécialement contre elle par la junte, mais a prévenu qu'elle serait 'au-dessus du président'.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.