Législatives historiques en Birmanie, la LND favorite

Législatives historiques en Birmanie, la LND favorite

Photo: Keystone

Les bureaux de vote ont fermé dimanche en Birmanie, au soir de législatives historiques pour lesquelles le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi est favori. Environ 80% des électeurs ont participé au scrutin, selon la commission électorale.

Ce scrutin est considéré comme un test pour la transition démocratique amorcée il y a quatre ans, avec l'autodissolution d'une junte ayant régné d'une poigne de fer depuis 1962.

'Environ 80% des (plus de 30 millions d') électeurs se sont déplacés aujourd'hui' selon de premières estimations, a affirmé Thant Zin Aung, représentant de la commission électorale.

Au total, plus de 90 partis étaient en compétition; les deux principaux étant la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi et l'USDP le parti au pouvoir, constitué d'anciens généraux. Mais certains petits partis seront probablement clefs dans le jeu des alliances post-électorales si aucune majorité claire ne se dégage.

Election du président

Au-delà des législatives, l'enjeu est l'élection du président par le Parlement dans quelques mois. La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, empêchée d'accéder à la présidence par la Constitution héritée de la junte, a prévenu qu'elle serait 'au-dessus du président' en cas de victoire de la LND.

Une clause de la Constitution empêche la lauréate 1991 du prix Nobel de la paix de briguer la présidence du fait de la nationalité étrangère de ses enfants, qu'elle a eus avec le Britannique Michael Aris, mort depuis plus de quinze ans.

Selon des responsables, le nom des vainqueurs de sièges devrait être connu en fin de journée, mais le résultat global ne serait pas communiqué avant mardi matin.

Un quart des sièges aux mains de l'armée

La Ligue nationale pour la démocratie est confrontée à un obstacle dans toute constitution éventuelle du gouvernement puisque, même en cas de vote jugé libre, un quart des sièges du parlement restera occupé par des officiers militaires non élus.

Cela veut dire que, pour diriger le pays et en choisir le président, la LND, seule ou avec ses alliés, doit remporter plus des deux tiers des sièges mis en jeu.

En revanche, le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP) aura, le cas échéant, besoin de beaucoup moins de sièges pour arriver au pouvoir, fort du soutien du bloc militaire.

Cela dit, les électeurs devraient largement se détourner de l'USDP, mis sur pied par l'ancienne junte et dirigé par d'anciens officiers militaires, puisqu'il est associé à la dictature brutale qui a sévi pendant des décennies dans le pays.

/ATS
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