Les Syriens sont en train de « perdre espoir »

Le régime gagne du terrain à trois jours du dialogue pour la paix

Photo: Keystone

Le régime a repris une ville clé aux rebelles en Syrie. Cette étape intervient à quelques jours des négociations prévues vendredi à Genève, qui visent à trouver une solution au conflit.

Appuyées par l'aviation russe, des combattants du Hezbollah libanais et des officiers iraniens, les forces du régime se sont emparées de Cheikh Miskine. La cité est située dans la province méridionale de Deraa, près de la frontière jordanienne.

Il s'agit d'une victoire clé, la cité étant un carrefour stratégique menant au nord à Damas et à l'Est à la ville de Soueida, toutes deux aux mains du régime. Mais la majorité de la province de Deraa reste aux mains des rebelles, dont ceux du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Attentat-suicide

Les forces gouvernementales continuent de subir les coups des djihadistes avec un nouvel attentat-suicide revendiqué par l'EI contre un barrage de l'armée dans la ville centrale de Homs. L'attaque a fait 29 morts dont un grand nombre de soldats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Mais la télévision d'Etat a parlé de 22 tués.

Face à une situation de plus en plus alarmante au niveau militaire et humanitaire, les grandes puissances cherchent à trouver une solution au conflit dans lequel sont impliqués plusieurs acteurs et protagonistes.

Six mois de négociations

Il est prévu que les négociations inter syriennes à Genève durent au moins six mois. Il s'agit des deuxièmes depuis le début du conflit. Elles devaient initialement commencer lundi. Mais l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a annoncé leur report à vendredi.

Il a aussi indiqué avoir envoyé les invitations aux 'participants syriens' pour assister aux pourparlers. Il n'a toutefois pas précisé lesquels. Mais plusieurs personnalités soutenues par la Russie, alliée de Bachar al Assad, ont annoncé qu'elles figuraient sur la liste.

Opposants indécis

Des représentants de l'opposition ont entamé mardi une réunion à Ryad en Arabie saoudite pour décider s'ils participeront ou non au rendez-vous de Genève. Leur rencontre fait suite à des critiques sur la composition de la délégation de l'opposition.

La Turquie a, quant à elle, affirmé mardi via son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu qu'elle ne prendrait pas part aux pourparlers de paix à Genève si les Kurdes syriens du Parti de l'union démocratique (PYD) y participent. Ce mouvement est considéré par Ankara comme une 'organisation terroriste'.

Familles déplacées

Les acteurs humanitaires ont par ailleurs mis la pression mardi sur les parties au confit. Les attaques sur les écoles et les hôpitaux doivent cesser et le siège de 15 villes levé, pour détruire le 'Mur de Berlin' humanitaire, ont-ils plaidé à l'ONU à Genève.

'Chaque heure perdue' pour entamer des discussions politiques provoque le déplacement de 50 familles en Syrie, a pour sa part estimé, très remonté, l'ancien chef des affaires humanitaires de l'ONU Jan Egeland.

/ATS
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