Les conservateurs donnés gagnants aux législatives britanniques

Le conservateur David Cameron a brillamment remporté des législatives britanniques aux allures de séisme. Les résultats font planer la menace d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE et consacrent le triomphe de nationalistes écossais.

Trois des quatre principaux leaders du pays ont démissionné. Les résultats définitifs après dépouillement des 650 circonscriptions allouent 331 députés aux conservateurs (+24). Ce résultat dépasse de très loin leurs prévisions les plus optimistes. Les Tories sont ainsi majoritaires pour la première fois depuis 1992.

Conforté par ce résultat, David Cameron a rendu visite en début d'après-midi à la reine Elizabeth II, au palais de Buckingham, afin de recueillir son assentiment formel en vue de former le prochain gouvernement.

'Je vais maintenant former un gouvernement conservateur de majorité', a-t-il annoncé. Il y a cinq ans, son parti avait eu besoin des libéraux-démocrates pour gouverner.

Le leader des Tories a adopté un ton conciliant envers l'Ecosse, le dossier le plus délicat du début de son nouveau mandat. 'Avant tout, je veux rassembler notre pays, notre Royaume-Uni, notamment en mettant en oeuvre aussi vite que possible les délégations de pouvoirs que nous avons promises à juste titre', a-t-il ajouté.

Parti nationaliste écossais

Quant à l'autre parti traditionnel, le Labour (gauche), il aura sans doute du mal à se relever de sa plus lourde défaite depuis trois décennies. Il emporte 232 sièges, soit 26 de moins que lors du précédent scrutin.

Le parti travailliste a été laminé, principalement à cause du succès éclatant remporté en Ecosse, bastion historique de la gauche, par le Parti nationaliste écossais (SNP). Ce dernier a raflé 56 des 59 sièges en jeu alors qu'il ne détenait que six sièges jusqu'à jeudi.

Les 'Lib-Dems' sont, après les travaillistes, les principaux perdants des législatives puisqu'ils ne conservent que huit des 57 sièges dont ils disposaient dans le parlement sortant.

Quant au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip), europhobe, il devrait confirmer son statut de troisième parti du royaume en voix, mais devra se contenter d'un seul siège. Son leader Nigel Farage a été battu dans la circonscription où il se présentait.

Démissions en cascade

Ces résultats ne sont pas restés sans conséquence. Dès les premières tendances connues, une hécatombe politique s'est déclenchée. Nigel Farage a été le premier à démissionner, mettant à exécution sa promesse de 'tirer le rideau' en cas d'échec. Son départ porte un coup extrêmement sévère à son parti. Toutefois, l'homme-orchestre de l'Ukip n'a pas exclu un retour.

Peu après, le leader libéral-démocrate Nick Clegg a jeté l'éponge. Vice-Premier ministre sortant, il a parlé d'une nuit 'cruelle et cuisante'. Puis ce fut le tour d'Ed Miliband, le chef des travaillistes, de quitter le navire. Il a dit endosser 'l'entière responsabilité de la défaite'.

Référendum sur l'UE

Sur le plan international, David Cameron a déjà réitéré sa principale promesse de campagne: l'organisation d'ici 2017 d'un référendum sur le maintien du pays dans l'Union européenne. Une perspective qui inquiète ses partenaires européens, même s'il assure qu'il fera campagne pour le maintien dans l'UE s'il obtient au préalable de ses partenaires une modification satisfaisante des traités.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, l'a félicité vendredi. Un porte-parole a promis que Bruxelles examinerait les propositions britanniques de façon 'bienveillante, amicale et objective'.

/ATS
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