Les hommes retranchés dans un commissariat d'Erevan se rendent

Les hommes retranchés dans un commissariat d'Erevan se rendent

Photo: Keystone

Les forces de l'ordre arméniennes ont mis fin ce week-end à la prise d'otages menée depuis deux semaines dans un commissariat d'Erevan par des opposants au pouvoir prorusse. Les hommes retranchés se sont rendus après le début de l'assaut pour éviter 'un bain de sang'.

Alors que la crise semblait s'enliser, la tension était brusquement montée d'un cran dans la nuit de vendredi à samedi après des affrontements entre la police et des manifestants soutenant les preneurs d'otages. Ces heurts ont fait plus de 70 blessés. Ils ont convaincu la police d'intervenir.

Les forces de l'ordre ont annoncé samedi qu'elles allaient donner l'assaut et ont commencé à le faire pendant la nuit de samedi à dimanche. Le commando s'est rendu dimanche en fin de journée.

Opération terminée

'L'opération antiterroriste des forces de l'ordre s'est terminée et a contraint les membres du groupe armé à déposer les armes et à se rendre aux autorités. Vingt terroristes ont été arrêtés', a annoncé dans un communiqué le Service national de sécurité arménien. 'Le territoire du commissariat a été totalement libéré', a ajouté la même source.

Plus tôt, un site internet arménien avait diffusé des déclarations d'un homme se présentant comme l'un des 20 membres du groupe encore présents et annonçant leur décision de se rendre.

'Nous allons continuer notre lutte à partir de la prison, nous estimons que nous avons rempli notre mission: nous sommes devenus l'étincelle qui a permis au peuple de se soulever et cela n'a pas de sens de faire couler le sang', a expliqué Varoujan Avetissian.

Ne pas devenir une province russe

'Nous appelons le peuple à ne pas s'arrêter, à ne pas douter de la victoire, à ne pas plier l'échine, à ne pas émigrer, à rester et à se battre... Nous n'avons pas le droit de permettre à notre pays de devenir une province russe', a-t-il écrit.

Cet opposant a expliqué que les forces de l'ordre ont commencé à donner l'assaut pendant la nuit de samedi à dimanche. 'Il y avait 40 tireurs embusqués, du matériel militaire', a-t-il raconté, estimant que, dans ces conditions, résister aurait conduit à 'un bain de sang'.

L'opposant Jiraïr Sefilian

Les preneurs d'otages exigeaient la libération de l'opposant Jirair Sefilian. Ancien commandant militaire, celui-ci reproche notamment au président Serj Sargsian sa gestion du conflit entre séparatistes pro-arméniens et forces azerbaïdjanaises dans la région du Haut-Karabakh. Soupçonné de fomenter des troubles, il est emprisonné depuis juin.

Le commando a fait irruption dans le commissariat le 17 juillet, tuant un policier et prenant plusieurs personnes en otage. Ils ont immédiatement réclamé la démission du président prorusse, un ancien militaire élu en 2008.

Plus tard, ils ont libéré tous les policiers. Mais mercredi, ils ont capturé trois membres du personnel médical venus soigner les blessés. Les deux derniers à être encore retenus ont été libérés samedi soir.

Encore des manifestants

Au même moment, un deuxième policier est mort, tué selon les forces de l'ordre par un tireur posté dans le commissariat. Les opposants avaient nié toute implication.

Dimanche soir, malgré l'intervention de la police, plusieurs milliers de manifestants se sont encore rassemblés dans les rues d'Erevan pour réclamer le départ du président. Ils ont scandé le nom du groupe armé ou encore 'Pavlik', le prénom de son leader.

/ATS
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