Libye: l'ONU dénonce une « impasse » politique

Libye: l'ONU dénonce une

Photo: Keystone

Les violences en Libye ont fait près de 150 victimes parmi les civils ces derniers mois. L'ONU a dénoncé mardi à Genève une 'impasse' politique et appelé les Etats à respecter l'embargo sur les armes.

Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Libye Martin Kobler a reconnu une 'impasse' devant le Conseil des droits de l'homme. La prise de contrôle des terminaux pétroliers par le général Khalifa Haftar, qui ne reconnaît pas le gouvernement d'union nationale (GNA) est préoccupante.

Le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) attend un renforcement du gouvernement et des autres institutions, notamment une armée unifiée qui renforce l'état de droit. Il rejette toute précipitation dans l'accord national qui a donné lieu aux nouvelles autorités, même si le pays reste divisé.

Indication positive, le Premier ministre Fayez al-Sarraj, cité par l'AFP s'est prêt en marge d'une rencontre avec le président français François Hollande à constituer un nouveau gouvernement. Mais aussi d'intégrer dans l'armée les forces de Khalifa Haftar.

Centaines de combattants tués

M. Kobler demande lui un référendum sur le projet de Constitution. Il va tenter de discuter dans les prochains jours avec la dizaine de membres de l'Assemblée qui boycottent le processus.

De mars à fin août, la MANUL a authentifié 141 victimes civiles, dont 30 enfants, et 146 blessés. Mais ce chiffre 'est plus élevé', selon M. Kobler.

Au total, plus de quatre armes par habitant circulent dans le pays. Elles viennent en Libye 'par mer et par terre', a déploré M. Kobler devant la presse. Les Etats, qui ont certes intérêt à lutter contre l'Etat islamique (EI), doivent respecter l'embargo sur les armes.

Les groupes armés, principalement de Misrata, qui affrontent l'EI ont totalisé près de 600 tués et des milliers de blessés. A Benghazi, plus de 100 familles sont bloquées par les violences.

Elles manquent de nourriture, de traitement médical et d'électricité, selon M. Kobler. Les parties n'ont pas accepté le dispositif pour garantir une évacuation de ces personnes, a déploré le représentant spécial.

Moins d'1 m2 dans certains camps de migrants

Sur l'ensemble du pays, la MANUL reçoit chaque jour des indications d'enlèvements, de détentions arbitraires, d'exécutions sommaires, de torture et d'autres mauvais traitements. 'Il y a quelques signes positifs' mais la situation reste difficile, selon M. Kobler. Il appelle à agir d'urgence contre 'l'impunité pour les groupes armés'.

Les Etats sont invités à accorder les finances adaptées à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'elle mène ses investigations sur les violences de ces dernières années. Son rôle est 'crucial', selon M. Kobler.

Il appelle encore à mettre fin aux détentions arbitraires de migrants et à établir un système d'asile en Libye dès que possible. La situation des migrants est 'encore plus difficile' que celles des détenus, a affirmé la Haute commissaire adjointe aux droits de l'homme Kate Gilmore.

Soutien au Haut Commissaire

Les conditions des camps de détention à Tripoli sont 'abominables', renchérit le représentant spécial. Certains migrants n'ont que 0,4m2 à disposition et ne sont pas nourris suffisamment.

La MANUL soutient également la mise en oeuvre d'un accord entre les représentants de Misrata et de Tawergha. Cette mesure prévoit le retour de quelque 40'000 déplacés.

M. Kobler soutient la proposition du Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein d'un expert indépendant sur la Libye. Le gouvernement doit consacrer 93% de ses ressources aux salaires, a-t-il déploré. Pour autant, la Libye a des ressources grâce au pétrole dont les récentes améliorations constituent des signes positifs. 'Les problèmes sont politiques', résume M. Kobler.

/ATS
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