Merkel veut que la lumière soit faite sur les agressions de Cologne

Merkel veut que la lumière soit faite sur les agressions de Cologne

Photo: Keystone

Angela Merkel a réclamé jeudi que les services allemands fassent toute la lumière sur les agressions dont ont été victime une centaine de femmes le soir du Nouvel An à Cologne. La police a identifié 16 jeunes hommes 'en grande partie originaires d'Afrique du Nord'.

D'après la police allemande, qui évoque une 'nouvelle dimension dans la criminalité', quelque 90 femmes ont porté plainte pour menaces, agression sexuelle ou vol à l'arraché par de jeunes hommes, pour la plupart ivres, dans le quartier de la cathédrale. Environ 120 femmes seraient au total concernées.

La police locale a indiqué dans un communiqué que 'la cellule d'enquête 'Nouvel An', dans laquelle travaillent 80 policiers, 'a identifié 16 jeunes hommes (...), en grande partie originaires d'Afrique du Nord', qui 'pourraient' être impliqués dans les faits, même si personne n'a été interpellé.

'Inacceptable'

Lors d'une conférence de presse jeudi à Berlin, Mme Merkel a déclaré que 'ce qui s'est passé au Nouvel An est absolument inacceptable'.

'Le sentiment qu'ont éprouvé ces femmes d'être absolument sans défense et à la merci m'est personnellement intolérable. Il est par conséquent important que tout ce qui s'est passé (cette nuit-là) apparaisse au grand jour', a poursuivi la chancelière allemande.

Bases de la coexistence

'Nous devons aussi continuer de parler des bases de notre coexistence culturelle en Allemagne et ce que les gens attendent à raison, c'est que les actes suivent les discours', a-t-elle dit.

A cet égard, Mme Merkel a jugé que l'Allemagne ne pouvait faire l'économie d'un débat sur l'intégration des nouveaux arrivants, affirmant: 'nous devons sans cesse évoquer les fondements culturels de notre vie en commun'.

Les incidents posent 'des questions qui vont au-delà de Cologne', a-t-elle souligné, déclarant: 'nous devons nous confronter à tout ça avec détermination'.

Elle s'est par ailleurs dite prête à examiner 'si tout ce qui est nécessaire a été fait en matière de modalités d'expulsion pour envoyer un signal clair à tous ceux qui ne veulent pas respecter nos règles de droit'.

Pas d'indice impliquant des réfugiés

Les autorités disent ne disposer à ce stade d'aucun élément impliquant des réfugiés. Les détracteurs de la chancelière, très critiques envers sa politique migratoire, arguent de témoignages de victimes évoquant des agresseurs d'apparence 'nord-africaine' ou 'arabe' pour continuer à s'en prendre à ses choix.

Les agressions de Cologne ont un écho qui entre-temps dépasse l'Allemagne. Le Premier ministre slovaque, très anti-migrants, y a vu une raison supplémentaire pour ne pas laisser s'installer 'une communauté musulmane' dans son pays.

La police de Zurich de son côté a fait aussi état de 'plusieurs' plaintes pour agressions sexuelles et vol par des hommes à la peau foncée le soir de la Saint-Sylvestre dans la ville. Des cas ont également été signalés en Autriche ainsi qu'en Finlande.

A Helsinki, des forces de sécurité en patrouille la nuit du 31 décembre ont constaté de 'nombreux faits de harcèlement sexuel' sur une place centrale de la capitale finlandaise, où 20'000 fêtards s'étaient réunis, sans toutefois qu'aucune plainte n'ait été déposée.

Trois cas d'agressions sexuelles ont en revanche été rapportés, dont deux ont donné lieu à des plaintes, dans la plus grande gare d'Helsinki, où s'étaient rassemblés environ un millier de demandeurs d'asile, pour la plupart Irakiens, selon un communiqué de la police. Les suspects, trois demandeurs d'asile, ont été placés en détention.

/ATS
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