Officiel: l'ONU juge la détention d'Assange illégale

La décision de l'ONU doit être appliquée, plaide Julian Assange

Photo: Keystone

Julian Assange a appelé vendredi le Royaume-Uni et la Suède à 'appliquer' la décision du comité de l'ONU. Ce dernier a jugé sa détention arbitraire et demandé sa libération.

Apparaissant lors d'une vidéo-conférence à Londres, le fondateur de WikiLeaks a déclaré: 'il revient maintenant à la Suède et au Royaume-Uni d'appliquer le verdict' du comité, qui est selon lui 'une décision majeure'. Il a salué 'une victoire significative' et affirmé que la décision de l'ONU était 'légalement contraignante'.

Un comité de l'ONU a appelé vendredi à mettre fin à sa 'détention arbitraire', une demande immédiatement rejetée par Londres et Stockholm. Dans sa décision, le Groupe de travail sur la détention arbitraire estime que l'Australien 'a droit à sa liberté de mouvement et à une compensation'.

L'un des membres du groupe a toutefois fait part de ses divergences. Il considère que Julian Assange n'est pas détenu et que le groupe ne devait pas se pencher sur son cas.

L'avis est en théorie contraignant mais aucun mécanisme d’application n’est prévu. Il porte autant sur la détention du fondateur à la prison de Wandsworth, que son assignation à résidence puis son confinement à l'ambassade d'Equateur.

Le groupe cible aussi les conditions de détention à l'isolement subies par Julian Assange au début et le manque de rapidité de la procureure suédoise en charge de l'affaire.

Liberté de mouvement

Il demande à la Suède et à la Grande-Bretagne de garantir la sécurité, la liberté de mouvement et les droits de l'Australien. Julian Assange avait affirmé jeudi que si le groupe de travail lui donnait raison, il attendait 'la restitution immédiate de (son) passeport et la fin de toute nouvelle tentative de (l)'arrêter'.

La police britannique a prévenu que M. Assange serait interpellé s'il quittait la représentation équatorienne. 'Le mandat d'arrêt reste en vigueur. S'il quitte l'ambassade, nous ferons tout pour l'arrêter', avait indiqué jeudi un porte-parole de la police.

Mandat d'arrêt européen

Depuis juin 2012, Julian Assange vit reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d'arrêt européen émis par la justice suédoise. Celle-ci cherche à interroger l'Australien qui est accusé par une Suédoise d'un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010.

S'il devait être livré à la Suède, il risquerait ensuite d'être extradé vers les Etats-Unis. Dans ce pays, il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500'000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250'000 communications diplomatiques.

/ATS
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