République dominicaine: 1er tour de l'élection présidentielle

République dominicaine: 1er tour de l'élection présidentielle

Photo: Keystone

Quelque 6,7 millions de Dominicains sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle. Le président sortant Danilo Medina est donné grand favori dans ce paradis touristique miné par la pauvreté.

Les bureaux de vote sont ouverts de 11h00 à 23h00 suisses. Les premiers résultats devraient tomber rapidement grâce à la mise en place du vote électronique pour ce scrutin qui est aussi législatif et municipal. Pour Danilo Medina, 64 ans, au pouvoir depuis 2012, le chemin semble tout tracé: un récent sondage le crédite de 63% des intentions de vote, assez pour lui permettre de s'imposer dès le premier tour.

Cet économiste avait été élu pour un mandat de quatre ans non renouvelable, mais il a mené en 2015 une réforme constitutionnelle autorisant un second mandat consécutif. Il est considéré comme le président le plus populaire d'Amérique latine, avec 89% de taux de satisfaction en 2015, selon le cabinet Mitofsky.

Sa formation, le Parti de la libération dominicaine (PLD, centre), est au pouvoir depuis 12 ans dans ce pays, première destination touristique des Caraïbes, qui partage l'île d'Hispaniola avec Haïti. Les relations entre les deux voisins sont historiquement tendues.

Huit candidats

La République dominicaine, qui vit essentiellement du tourisme, est une des économies les plus dynamiques du continent américain, avec une croissance de 7% en 2015. Mais 40% de ses 10,4 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage frôle les 14%, selon les chiffres officiels.

Le principal rival de M. Medina, sur un total de huit candidats, est le riche homme d'affaires Luis Abinader, 48 ans, du Parti révolutionnaire moderne (PRM, social-démocrate) : il n'emporterait que 29% des suffrages selon un sondage.

'Il y a des nuances, mais les deux propositions s'inscrivent dans une logique conservatrice. Medina, c'est la continuité et le maintien de l'hégémonie d'un parti sur tous les organes de l'Etat', explique le politologue Rafael Toribio Dominguez.

'En réalité, il n'y a rien de nouveau sous le soleil dominicain', estime Rogelio Nuñez, chercheur de l'Institut d'études latino-américaines (Espagne), sur le portail d'analyses Infolatam. 'C'est la traditionnelle lutte pour le pouvoir entre caciques, c'est l'histoire de ce pays caribéen depuis son indépendance en 1844', assure-t-il.

'Toujours avec les gens'

Derrière le slogan 'Toujours avec les gens', M. Medina promet, pour son second mandat, de créer des milliers d'emplois, de renforcer les programmes sociaux, d'améliorer la situation des ménages et de rendre l'administration plus transparente. Son principal argument : la stabilité économique du pays.

En face, ses adversaires l'ont à nouveau accusé samedi devant les observateurs internationaux déployés dans le pays d'avoir utilisé des fonds publics pour sa campagne. Ils dénoncent également les pratiques de corruption des gouvernements du PLD : celui de M. Medina et ceux de l'ex-président Leonel Fernandez (1996-2000, 2004-2012), dont l'épouse Margarita Cedeño est l'actuelle vice-présidente.

L'opposition a insisté pour qu'en plus du décompte électronique des votes, un décompte manuel soit effectué, ce qui devrait retarder la publication des résultats. Outre leur président, les électeurs dominicains devront désigner leurs 32 sénateurs, 190 députés, ainsi que leurs autorités municipales pour les quatre prochaines années.

/ATS
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