Syrie: pouvoir et opposition dans le gouvernement de transition

Syrie: pouvoir et opposition dans le gouvernement de transition

Photo: Keystone

Bachar al-Assad a estimé mercredi que le futur gouvernement de transition en Syrie doit rassembler les forces loyales au régime actuel et l'opposition. Il a aussi affirmé que la guerre a fait plus de 200 milliards de dollars de dégâts depuis 2011.

Il serait 'logique que des forces indépendantes, tout comme les forces de l'opposition et celles loyales au pouvoir y soient représentées', a estimé le président syrien dans une interview à l'agence de presse publique russe Ria Novosti.

Cette annonce intervient alors que le président syrien fait face à une pression internationale pour inclure des représentants de l'opposition dans 'l'organe de transition'. Selon la feuille de route fixée par l'ONU, il doit être élaboré lors des pourparlers de paix de Genève entre le régime et l'opposition.

En ce qui concerne la distribution des portefeuilles ministériels ou les candidatures des ministres, 'ce ne sont pas des questions compliquées (...). On peut les régler toutes' lors des pourparlers à Genève, a affirmé le président syrien.

L'opposition syrienne a immédiatement rejeté l'appel de Bachar al-Assad à un gouvernement d'union avec le régime de Damas, réitérant que le président syrien ne doit pas rester 'une heure de plus' après le début de la période de transition.

'Les résolutions internationales parlent de la formation d'un organe de transition doté des pleins pouvoirs, y compris les pouvoirs présidentiels', a résumé à l'AFP Assaad al-Zoabi, chef de la délégation du Haut comité des négociations à Genève (opposition).

Une Constitution 'en quelques semaines'

M. Assad a également précisé qu'un premier 'projet de Constitution peut être prêt en quelques semaines', alors que la Russie et les Etats-Unis ont annoncé espérer un brouillon de projet d'ici août.

Selon la feuille de route fixée par l'ONU, les pourparlers entre le régime syrien et l'opposition en cours à Genève depuis la mi-mars doivent aboutir à la mise en place d'un organe de transition en Syrie d'ici six mois, la rédaction d'une nouvelle constitution et la tenue d'élections législatives et présidentielle dans 18 mois. Mais les interprétations de ce que doit être cet organe de transition constituent l'un des principaux points de blocage.

Contre le fédéralisme

M. Assad a par ailleurs estimé que la 'plupart des Kurdes souhaitent vivre dans une Syrie unie' et sont contre la proclamation d'une région fédérale kurde dans le nord de la Syrie. 'Il ne faut pas confondre les Kurdes qui aspirent à un régime fédéral avec tous les Kurdes', a-t-il dit.

'Du point de vue géographique, la Syrie est un pays très petit pour y instaurer une fédéralisation (...). Je ne pense pas que la Syrie y soit prête et il n'y a pas de facteurs naturels pour que ce soit possible', a encore déclaré Bachar al-Assad.

Considérés comme l'une des forces les plus actives dans la lutte contre l'Etat islamique (EI) en Syrie, les Kurdes syriens sont tenus à l'écart des pourparlers de Genève.

Longue reconstruction

La guerre en Syrie, commencée en 2011 après la répression sanglante par le régime de manifestations pacifiques demandant davantage de démocratie, s'est transformée en conflit complexe impliquant une multitude d'acteurs, syriens et internationaux. Elle a fait plus de 270'000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.

Selon Bachar al-Assad, 'les pertes économiques et la destruction des infrastructures ont dépassé les 200 milliards de dollars'. Le chef de l'Etat syrien a estimé que les problèmes économiques pourraient être réglés dès que la situation sera plus stable mais que réparer les infrastructures 'prendra beaucoup de temps'.

'Le processus de reconstruction sera profitable aux entreprises qui y participeront. (...) Bien sûr, nous nous attendons à ce que celui-ci repose sur les trois principaux pays qui ont soutenu la Syrie: la Chine, l'Iran et la Russie', a poursuivi Bachar al-Assad.

Le président syrien s'est dit 'absolument certain' que tout citoyen syrien 'voudrait accueillir en premier lieu les entreprises de ces trois pays'. Il a ensuite assuré s'attendre à ce que 'les pays qui étaient contre la Syrie, en premier lieu les Occidentaux, essayent de faire participer leurs entreprises' à la reconstruction du pays.

/ATS
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