Tractations compliquées à Bruxelles pour un accord avec la Turquie

Tractations compliquées à Bruxelles pour un accord avec la Turquie

Photo: Keystone

Les dirigeants de l'UE s'attendaient à des tractations difficiles jeudi soir à Bruxelles, pour boucler un accord avec la Turquie censé stopper l'afflux de migrants vers l'Europe. Un 'compromis' est cependant esquissé par des Chypriotes jusqu'alors très réticents.

Plusieurs Etats membres craignent une illégalité de la mesure phare du plan en négociation, qui prévoit un renvoi de tous les nouveaux migrants arrivant en Grèce depuis la Turquie, y compris les demandeurs d'asile. D'autres redoutent d'aller trop loin dans les contreparties promises à Ankara.

Le sommet réuni à Bruxelles n'a commencé à aborder la brûlante crise migratoire qu'en soirée, lors d'un dîner consacré à la quête d'une position unanime des dirigeants des pays de l'UE.

Ce n'est qu'avec cette position commune que le président du Conseil européen Donald Tusk pourra entamer au nom de l'UE des tractations finales avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, attendu à Bruxelles dans la nuit.

'Notre proposition est toujours sur la table', a dit ce dernier à l'aéroport d'Ankara, avant de s'envoler pour Bruxelles. 'Mais la Turquie ne deviendra jamais une prison à ciel ouvert pour les migrants', a-t-il insisté.

'Je suis prudemment optimiste, mais pour parler franchement, je suis plus prudent qu'optimiste', a résumé le président du Conseil européen Donald Tusk, chargé par les 28 de négocier avec Ankara, malgré les courts-circuitages de Berlin.

Optimisme prudent

'Il y a encore des négociations compliquées', a aussi reconnu la chancelière allemande Angela Merkel, qui a joué un rôle majeur dans les tractations avec la Turquie. Elle a dit partager 'l'optimisme prudent' de M. Tusk, à son arrivée au sommet.

'Ce que je veux, c'est un accord global', a pour sa part souligné le président français François Hollande devant la presse. La Turquie accueille beaucoup de réfugiés' et jouera un rôle 'essentiel' pour que le retour sur son territoire des migrants qui ont rejoint illégalement la Grèce ait effectivement lieu, a-t-il fait valoir.

Le sujet a fait l'objet d'une rencontre préalable entre le président français, la chancelière allemande et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Ce dernier a demandé de l'aide pour son pays et une solution de long terme pour les réfugiés.

Nombreux problèmes

Un accord avec la Turquie permettrait d'arrêter les flux de migrants vers l'UE 'en trois, quatre semaines', a lui souligné le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

Les Européens ont été surpris de l'ampleur de la nouvelle 'proposition turque' présentée lors du précédent sommet du 7 mars. Ankara se dit désormais disposé à reprendre tous les nouveaux migrants gagnant les îles grecques, y compris les demandeurs d'asile.

L'idée a de quoi séduire une Union débordée. Mais le contenu du projet d'accord pose de nombreux problèmes, comme celui de donner à la Turquie la clé de la frontière extérieure de l'Union, selon ses détracteurs.

/ATS
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