Ukraine: les séparatistes prorusses poussent leur avantage

Ukraine: les séparatistes prorusses poussent leur avantage

Photo: Keystone

L'état-major de l'armée ukrainienne dans l'est de l'Ukraine a été bombardé mardi pour la première fois depuis le début de la guerre. A Minsk, le Groupe de contact sur l'Ukraine est parvenu à un accord sur un cessez-le-feu et sur le retrait des armes lourdes, selon l'agence russe Tass.

A Kramatorsk, le quartier général ukrainien et un quartier résidentiel ont été touchés par deux roquettes qui ont fait quinze morts et 63 blessés, selon les autorités régionales sous contrôle de Kiev. Les rebelles prorusses ont démenti avoir tiré sur la ville, située à au moins 45 kilomètres de la zone rebelle la plus proche.

Auparavant, sept soldats et sept civils avaient été tués au cours des dernières 24 heures, selon les bilans établis séparément par les autorités rebelles et ukrainiennes. L'armée ukrainienne et les séparatistes cherchent à s'accaparer d'un maximum de terrain pour arriver en position de force à la table des négociations.

Accord à Minsk

Dans la soirée, le Groupe de contact sur l'Ukraine est parvenu à un accord sur un cessez-le-feu et sur le retrait des armes lourdes. Les discussions se poursuivaient sur le statut des deux régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk et sur l'organisation d'élections locales, a encore indiqué l'agence Tass.

Composé de représentants russes, ukrainiens, de la représentante de l'OSCE, la Suissesse Heidi Tagliavini, et des émissaires des deux républiques séparatistes de l'Est ukrainien, le groupe prépare un sommet quadripartite prévu mercredi à Minsk. Il doit réunir le présidents russe Vladimir Poutine, français François Hollande et ukrainien Petro Porochenko, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel.

Zone démilitarisée

Le plan de paix franco-allemand, qui n'a pas été dévoilé dans les détails, vise à faire appliquer les accords de paix conclus en septembre à Minsk. Les discussions porteront notamment sur un retrait des armements lourds.

Il y sera aussi question de la mise en place d'une zone démilitarisée dans l'est de l'Ukraine. La France a déjà fait état d'une proposition de créer une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de part et d'autre de la ligne de démarcation entre prorusses et Ukrainiens.

L'établissement d'un dialogue entre l'Ukraine et les séparatistes est également au programme, selon une source diplomatique. Mais il n'est pas prévu qu'un accord soit signé sur une résolution du conflit ukrainien, a ajouté cette source citée par l'agence de presse publique russe RIA Novosti.

Fédération ou décentralisation

L'Ukraine insiste sur le respect de la ligne de front établie en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires depuis. Une autre question litigieuse concerne le 'statut des territoires' conquis par les séparatistes. Moscou insiste sur la constitution d'une fédération quand l'Ukraine ne parle que de 'décentralisation'.

François Hollande a affirmé mardi qu'il se rendrait à Minsk avec Angela Merkel avec 'la ferme volonté d'aboutir' à un accord de paix. Des responsables européens disent cependant n'avoir qu'un très mince espoir d'obtenir un arrêt des hostilités, observant que les séparatistes et Moscou ont peu de raisons de cesser les combats alors qu'ils progressent sur le terrain.

'Sabotage politique'

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a, lui, appelé les différentes parties impliquées dans les combats à ne pas saboter le sommet de Minsk. 'Ce ne serait pas la première fois qu'un acte de sabotage politique, un tir volontaire, réduirait à néant tous les espoirs de cessez-le-feu', a-t-il déclaré.

De son côté, le président américain Barack Obama a appelé mardi M. Poutine pour discuter de la violence grandissante en Ukraine et du 'soutien continu de la Russie aux séparatistes', a annoncé la Maison Blanche. Il a rappelé le 'soutien de l'Amérique' à la 'souveraineté et à l'intégrité territoriale' de l'Ukraine.

Lundi, à l'issue d'une rencontre avec Angela Merkel à la Maison-Blanche, Barack Obama avait dit que la livraison d'armes, réclamée par le camp républicain, faisait partie des options à l'étude, mais qu'aucune décision n'avait encore été prise.

Note: Synthèse remaniée avec le nouveau bilan et l'accord conclu sur un cessez-le-feu. Le lead et les paragraphes 4 et 5 ont été remaniés. L'antépénultième et l'avant-dernier paragraphe sont nouveaux (déclarations Steinmeier et Obama).

/ATS
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