Un an après « Charlie », Hollande précise son action antiterroriste

Un an après

Photo: Keystone

Un an après les attentats qui ont fait 17 morts à Paris en janvier dernier, François Hollande a prononcé jeudi un hommage appuyé aux forces de l'ordre. Il a précisé les mesures visant à prévenir d'autres actes de terrorisme en France.

Le chef de l'Etat a présidé à la préfecture de police de Paris une cérémonie à la mémoire des victimes des attentats. Ceux-ci ont décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, attaqué le 7 janvier 2015 à cette même heure, puis visé le supermarché Hyper Cacher, Porte de Vincennes, le 9 janvier.

Un an après ces drames qui ont fait plusieurs victimes au sein des forces de l'ordre, il a fait coïncider cet anniversaire avec les voeux aux forces de sécurité, qui ont aussi oeuvré lors des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

La menace perdure

François Hollande a dit la 'reconnaissance de la Nation à ceux qui ont pris, en janvier comme en novembre, tous les risques pour affronter des ennemis déterminés à tuer'.

'Le terrorisme n'a pas fini de faire peser sur notre pays une menace redoutable', a-t-il prévenu, plaçant l'action du gouvernement sous le triple signe de la fermeté, de la réactivité et de l'unité.

Comme un rappel, un homme qui tentait de pénétrer dans un commissariat de Paris un couteau à la main était abattu par le policier de faction.

Mesures prises

François Hollande a rappelé les mesures prises depuis le début de son quinquennat en faveur des forces de l'ordre, dont le nombre sera augmenté de 9000 d'ici 2017, alors que 12'000 postes avaient été supprimés lors du quinquennat précédent de Nicolas Sarkozy, a-t-il rappelé.

Dans le cadre de l'état d'urgence prononcé après les attentats du 13 novembre, 25 infractions 'en lien direct avec le terrorisme' ont été mises au jour, a-t-il précisé.

Toujours selon le président, depuis un an près 200 interdictions de sortie du territoire ont été prononcées contre des personnes soupçonnées de vouloir faire le djihad en Syrie et en Irak et plus de 500 étrangers se sont vu interdire le territoire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

François Hollande a rappelé les textes proposés par le gouvernement en réponse aux attaques : la décision d'inscrire l'état d'urgence dans la Constitution et le projet de loi contre le crime organisé qui comprend des mesures antiterroristes.

Contrôler les radicalisés

Pour les jeunes radicalisés de retour de Syrie et d'Irak, berceau de l'organisation Etat islamique, le gouvernement propose d''astreindre ceux-là et seulement ceux-là à certaines obligations et envisager, si nécessaire, une assignation à résidence pour une durée limitée, car ils sont par définition dangereux et doivent être suivis avec vigilance'.

'De la même manière, nous devons contrôler davantage les individus signalés, fichés, et disposer des moyens de les retenir le temps de vérifier leur situation et de décider des décisions à prendre à leur égard, forcément sous le contrôle du juge', a encore expliqué François Hollande.

'Tout cela simplement et seulement en cas de menace terroriste et pour une courte durée. Toutes ces mesures seront placées sous le contrôle du juge', a précisé le président.

Les nouveaux pouvoirs donnés aux préfets par ce projet de loi, qui doit être présenté début février au conseil des ministres, sont critiqués par certains magistrats qui considèrent que la justice est mise à l'écart.

François Hollande n'a pas évoqué le projet, controversé à gauche, d'inscrire dans la Constitution l'extension de la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France. Mercredi, le Premier ministre, Manuel Valls, s'est dit convaincu que la révision de la Constitution, qui requiert la majorité des trois cinquièmes au Parlement, serait adoptée à une très large majorité.

/ATS
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