Un homme abattu devant un commissariat de Paris

Paris: l'assaillant du commissariat avait un document de Daech

Photo: Keystone

Le spectre d'un nouvel attentat un an après l'attaque contre Charlie Hebdo a ébranlé Paris. Un homme porteur d'une ceinture d'explosifs factice et d'une arme blanche a été abattu jeudi dans le quartier de la Goutte-d'Or.

L'individu a été abattu par des policiers alors qu'il tentait de pénétrer dans un commissariat du 18e arrondissement. L'agresseur, qui a crié 'Allahou Akbar', portait sur lui un natel et un papier mentionnant, en arabe, son 'allégeance' au chef de l'Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi. Pour justifier son acte, il évoquait dans sa missive une vengeance contre les 'attaques (françaises, ndlr) en Syrie', a indiqué jeudi soir une source proche du dossier.

Une enquête a été ouverte pour 'tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste'. L'assaillant, un ressortissant marocain, était connu de la police pour un vol en 2013 dans le sud de la France. Ses empreintes digitales avaient été entrées au fichier national.

D'après la ministre française de la justice Christiane Taubira, interrogée sur iTELE, l'individu 'était fiché pour des actes de petite délinquance'. Elle a évoqué de possibles 'fragilités psychologiques', excluant tout lien avec la radicalisation violente.

Un an à l'heure près

L'homme s'est présenté à 11h30 devant le commissariat, un couteau de boucher à la main. Pour rappel, l'attaque des frères Chérif et Saïd Kouachi contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, qui avaient fait 12 morts, avait débuté à 11h20 il y avait exactement un an.

Une professeure d'université a témoigné avoir vu deux policiers 'crier sur un homme qui avançait très vite vers eux'. 'Comme il continuait à avancer, les policiers ont tiré sur lui alors qu'il n'était peut-être plus qu'à 2 ou 3 mètres. Puis l'homme est tombé'.

Le commissariat a été évacué et le quartier bouclé pour que des démineurs inspectent la ceinture d'explosifs, qui s'est finalement révélée factice. 'A priori c'est quelqu'un qui voulait faire croire à un attentat', a déclaré un membre du syndicat de la police.

Un cas similaire s'était déjà produit en France en décembre 2014 lorsqu'un jeune homme converti à l'islam était entré dans un commissariat de Joué-lès-Tours, dans le centre du pays, et avait blessé à l'arme blanche trois policiers en criant 'Allahou Akbar'. Là aussi, l'homme avait finalement été abattu par les policiers.

Coopération améliorée

L'attaque de jeudi est survenue peu après le discours prononcé par François Hollande devant des policiers, des gendarmes et des militaires à Paris. Il a demandé aux services de sécurité de mieux coopérer face au risque terroriste. La protection de la rédaction de Charlie Hebdo avait notamment été pointée du doigt après le massacre.

Le président a confirmé qu'un nouveau projet de loi pour renforcer le dispositif sécuritaire était à l'étude. Il devrait assouplir les conditions d'emploi par les policiers et militaires de leurs armes et faciliter les conditions d'enquêtes, perquisitions et interpellations.

L'idée est de 'renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à la disposition des autorités administratives et judiciaires', en dehors du cadre temporaire de l'état d'urgence qui doit s'achever fin février, indiquait-on jeudi dans l'entourage du chef de l'Etat.

'Depuis un an, près de 200 interdictions de sortie du territoire ont pu être prononcées', 'plus de 50 étrangers ont été interdits de territoire', '400 armes' ont été saisies 'dont 40 de guerre', a encore précisé M. Hollande. De plus, '25 infractions en lien direct avec le terrorisme' ont été mises au jour grâce à l'état d'urgence.

/ATS
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