Plus de cent vols à son compteur

Vingt-quatre ans et déjà une imposante carrière de voleur. Un jeune ressortissant moldave, qui comparaissait jeudi devant le Tribunal de première instance de Porrentruy, devait répondre de plus de 130 chefs d’accusation, principalement de vol en bande et par métier. Il est accusé d’avoir commis toute une série de cambriolages dans de nombreux cantons de Suisse, entre 2009 et 2011, en étant à chaque fois accompagné de complices. Il a notamment sévi dans le Jura et le Jura bernois.

Un passé compliqué

L’histoire de ce jeune ressortissant moldave est digne d’une production cinématographique. À 15 ans, il quitte son pays pour se rendre en Italie où il sera accueilli dans une maison pour mineurs. Deux ans plus tard, il travaille durant quatre mois sans être payé. C’est à ce moment-là que tout bascule. Seul et sous l’influence d’autres compatriotes, il entame sa carrière de voleur. Il vient en Suisse et commet plus de 100 vols ou tentatives de vol. Le 3 juillet 2011, il s’évade même de la prison de Porrentruy avec la complicité de deux autres détenus. Il repart alors en Moldavie et fonde une famille. Puis, il reviendra en Italie où il sera arrêté et extradé en Suisse. Aujourd’hui, l’homme est en détention à Moutier. Il reconnaît l’ensemble de ses méfaits, la gravité de ses actes et souhaite payer pour effacer son passé.

La clémence demandée

Les faits paraissent clairs pour la procureure Séverine Stalder. Le vol en bande et par métier est avéré, la culpabilité du prévenu est particulièrement grave et ses antécédents ne sont pas bons. En revanche, la procureure a mis en avant plusieurs points en faveur du jeune moldave. Son excellent comportement en prison, sa très bonne collaboration avec la justice, ainsi que ses aveux qui ont permis d’élucider plusieurs affaires. Par conséquent, et pour la première fois de sa carrière, Séverine Stalder a demandé d’appliquer une jurisprudence qui permet de réduire la peine d’un tiers au maximum. Au lieu de sept ans, elle requiert une peine de prison ferme de cinq ans et demi.

De son côté, l’avocate de la défense a souligné que le prévenu n’avait jamais fait usage de violence, y compris lors de son évasion où un gardien de prison avait été enfermé dans une cellule. Elle demande à ce sujet que l’accusation de séquestration soit examinée sous l’angle de la complicité. Elle a également plaidé pour que soit prise en considération sa situation personnelle et sa jeunesse au moment des actes commis. La défense réclame donc la clémence de la juge Corinne Suter et demande quatre ans de prison ferme au maximum, sous déduction de la période préventive. Le verdict sera rendu jeudi à 16h. /jpp

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