Débats vifs autour du réaménagement de la place de la Gare

Une esquisse de la place de la Gare réaménagée. Zoom sur « Une esquisse de la place de la Gare réaménagée. » (touche ESC pour fermer)
Une esquisse de la place de la Gare réaménagée.

Les Biennois diront ce dimanche s’ils veulent remodeler la place de la Gare. La population doit se prononcer sur un crédit d’engagement de près de dix-huit millions de francs, dont la moitié devrait être financée par le canton et la Confédération.

Principal changement, qui provoque la colère des opposants : la circulation sera interdite au trafic devant la gare, mise à part pour les transports publics, les cyclistes. La place de la gare deviendrait un lieu de flânerie, avec des terrasses, des arbres, et un accès facilité aux transports publics.

Un projet mal ficelé…

Le projet ne fait pas rêver le comité contre ce réaménagement, composé notamment des partis de l’UDC et des Confédérés, ainsi que de l’association des Taxis Bienne et de membres de l’Automobile Club Suisse. Le président de l’UDC biennoise dénonce un projet mal ficelé, et qui ne va pas résoudre le principal problème. « Les piétons croiseront toujours le chemin des véhicules motorisés, à savoir les bus. Il suffirait de créer un ou deux passages sous-voies pour désengorger la gare, au lieu de déplacer ce problème à la place Guisan », explique Adrian Dillier.

Cet argument est balayé par les partisans du projet, dont font partie des conseillers de ville, de gauche comme de droite. Pour Natasha Pittet, conseillère de ville du Parti radical romand, se contenter de faire des passages sous-voies ne garantirait pas que les piétons l’utilisent, car ce n’est pas le chemin le plus court pour entrer et sortir de la gare. Quant au déplacement du trafic motorisé – interdit à la gare – sur la place Guisan, Natasha Pittet estime que cela sera mieux que la situation actuelle : « les piétons passent au compte-gouttes et bloquent actuellement le trafic à la place Guisan ; le feu de circulation prévu permettra de fluidifier le trafic », argumente Natasha Pittet. Selon elle, il est impossible de faire parvenir les voitures, les piétons et le bus directement devant la porte de la gare. Le projet de réaménagement est un bon compromis, d’autant plus que des places de parc seront disponibles dans des parkings à proximité et que la ville promet d’aménager à la gare une deuxième zone qui permettrait de déposer ou reprendre en voiture des personnes qui auraient pris le train.

 

… au mauvais moment

Deuxième argument principal des opposants au réaménagement de la gare : le projet arrive au mauvais moment. « Nous ne savons pas à quoi va ressembler le futur contournement ouest de l’autoroute et quels seront ses effets sur le trafic ; par ailleurs le projet tombe au plus mal au vu des finances biennoises et bernoises », critique Adrian Dilier.

Natasha Pittet répond que repousser le projet n’est pas une solution, car il ferait perdre les subventions promises par le canton et la Confédération. Erreur aussi d’attendre l’ouverture de l’A5. « Elle est annoncée pour 2030, pour autant qu’il n’y ait pas de retard ; c’est repousser d’une demi-génération ce réaménagement. Par ailleurs, une des premières choses que voient les visiteurs de la ville de Bienne est la place de la Gare, qui est une carte de visite ; il est donc important que cette place soit pratique et attrayante », conclut la conseillère de ville.

La population biennoise dira dimanche si elle accepte le réaménagement, plébiscité par le Conseil municipal et le Conseil de ville (résultat à suivre sur RJB et rjb.ch dès 14h). En cas de « oui », les travaux débuteront en septembre, pour autant que les oppositions au permis de construire soient résolues… /jfa

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