Accident de Mont-Crosin : 6 ans de prison requis

Le procès du conducteur du véhicule qui était sorti de la route dans la nuit du 18 mai 2013 à Mont-Crosin a repris mercredi matin à Moutier. Ce drame avait fait trois morts, tous passagers de la voiture. L’audience commencée fin janvier avait été ajournée pour permettre le témoignage d’une experte en psychologie légale et de la circulation. Le prévenu, un ressortissant portugais de 38 ans, doit répondre de meurtres par dol éventuel – il n’avait pas l’intention de tuer mais connaissait les risques – et infractions graves à la circulation routière (LCR), éventuellement homicides par négligence et infraction grave à la LCR. Le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 6 ans.

Pour rappel, il était environ 1 h 50 du matin lorsque le drame s’est produit le 18 mai 2013. Les quatre hommes présents dans le véhicule rentraient d’une soirée à Tramelan en direction de St-Imier. A la hauteur du lieu-dit « Chez Wittmer », sur la route de Mont-Crosin, leur véhicule a quitté la route et a percuté des arbres situés à 25 mètres en contrebas. Bilan : 3 morts. Selon l’acte d’accusation, le prévenu présentait un taux d’alcoolémie minimal de 1,9 pour mille. Le conducteur a toujours nié ce taux, estimant être plus proche de 0,5 à 0,6 pour mille. Il a encore affirmé mercredi connaître la limite légale, sans pour autant pouvoir dire s’il l’avait dépassée ou non le soir de l’accident.

Experte entendue

L’audience avait été reportée en janvier pour permettre l’audition de l’experte chargée d’analyser la capacité du prévenu à conduire. Ce dernier avait contesté certains points du rapport présenté à la justice. L’un des points mis en cause concernait notamment la consommation d’alcool du prévenu le jour de l’accident. Le rapport indiquait qu’il avait bu deux bières aux environs de 17 h 30, alors que selon lui, il n’avait bu qu’une bière aux environs de 16 h 30. L’experte a également été interrogée sur l’état psychologique du prévenu. Elle a déclaré qu’à l’heure actuelle, elle ne « pouvait pas se prononcer sur son aptitude à reconduire, puisque l’affaire n’avait pas été jugée ». Elle a en revanche relevé que l’accusé n’était pas dans le déni, qu’il s’était montré « très collaborant » et qu’il suivait les conseils donnés, notamment sur le plan thérapeutique.

« Le prévenu savait qu’il avait trop d’alcool dans le sang »

Suite au témoignage de l’expert, le procureur a entamé son réquisitoire. Il a commencé par faire une démonstration, verres à l’appui, de la quantité d’alcools ingérés le jour du drame par le prévenu : 2,65 litres de boissons alcoolisées depuis son réveil. Le ministère public estime qu’avec une telle quantité, personne ne peut penser être en état de conduire, encore moins de nuit, sur route mouillée et dans le brouillard.

Le procureur a ensuite expliqué que le prévenu savait qu’il n’avait pas le droit de rouler, puisqu’il a reconnu avoir pensé présenter un taux de 0,5 à 0,6 pour mille, et qu’il devrait donc adapter sa conduite pour ne pas avoir d’accident. L’accusé avait donc pleinement conscience des risques encourus, selon le ministère public. C’est pourquoi le procureur a demandé aux cinq juges présents de retenir l’accusation de meurtres par dol éventuel, et de prononcer une peine privative de liberté de 6 ans à l’encontre du prévenu. Il a par ailleurs précisé avoir revu la sanction demandée à la baisse, puisque l’accusé « essaie d’assumer les choses, sans vraiment pouvoir expliquer ce qui s’est passé ». Il n’a toutefois pas précisé quelle était la première peine envisagée.

Peine plus légère pour la défense

La défense estime quant à elle que son client s'est rendu coupable d'homicides par négligence et requiert donc une peine plus légère: 20 mois de prison avec sursis, éventuellement accompagnée d’un traitement ambulatoire pour problèmes d’alcool.

Le verdict sera rendu jeudi. /ast

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