UDC JB qui rit, PS francophone qui pleure

Les sentiments sont partagés au lendemain des élections au Conseil national. Les différentes stratégies mises en place par les partis et les candidats pour reconquérir le siège du Jura bernois n’ont pas toutes eu le même degré d’efficacité. Un commentaire signé Alexandre Steiner :  

« Pratiquement tous les observateurs le disaient perdu d’avance, Manfred Bühler les aura fait mentir. Le candidat UDC a finalement décroché un siège au Conseil national hier, et de belle manière puisqu’il n’a pas dû se contenter de la dernière place attribuée à son parti. Ce huitième siège sur neuf décrochés hier, le député-maire de Cortébert le doit en grande partie à son engagement personnel et à sa campagne menée tambour battant en Suisse alémanique. Certainement davantage qu’aux concessions de son parti, qui avait refusé en début d’année de doubler son nom sur ses bulletins, mais qui lui avait tout de même laissé le privilège de figurer en tête de liste. Ce choix avait résonné comme une condamnation du député-maire de Cortébert pour la plupart des journalistes. Il ne faut cependant pas se leurrer, être candidat francophone pour le parti disposant de l’électorat le plus puissant du canton a également joué un rôle important dans cette élection. Reste que cette victoire sans cumul est une belle victoire et permet au Jura bernois de compter à nouveau un représentant à Berne.

En ce qui concerne la liste francophone du parti socialiste, difficile aujourd’hui de la qualifier autrement que de fausse bonne idée. Nous avions déjà demandé pendant la campagne aux candidats du PS francophone s’ils ne risquaient pas de se couper l’herbe sous le pied en Suisse alémanique, et cette supposition s’est largement confirmée hier. Alors certes, cette liste a permis aux candidats francophones de réaliser un bon score dans le Jura bernois, avec  plus de 20% des suffrages. Ce score a en revanche rapidement dégringolé une fois passé les gorges du Taubenloch, pour n’être plus que de 6% à Bienne, et on ne parle pas de la débandade dans le reste du canton, ou la liste francophone ne dépasse pas 1%. Difficile dans ces conditions d’espérer obtenir un siège.  Certains se refusent toutefois à parler de flop, à l’instar du député de Malleray Roberto Bernasconi. Il explique que si le Jura bernois s’était mobilisé un peu plus, un siège aurait été à portée de main. Un raisonnement difficile à comprendre lorsque l’on voit que pour obtenir un siège, la liste francophone aurait dû faire mieux que le PEV. Le PEV qui compte près de 150'000 voix d’avance, autant dire que le Jura bernois seul n’aurait certainement pas pu inverser la tendance. Au jeu de l’analyse, le socialiste biennois Mohamed Hamdaoui se montre plus critique, pour ne pas dire plus lucide. Il déclare ne pas savoir si la liste francophone était une erreur stratégique, mais qu’il s’agissait d’un essai. Reste un constat : la gauche n’arrive pas à progresser dans le canton de Berne, et Mohammed Hamdaoui le dit lui-même, c’est un peu désespérant. »

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