Les lycées jurassiens revoient le barème

Le Lycée cantonal de Porrentruy Zoom sur « Le Lycée cantonal de Porrentruy » (touche ESC pour fermer)
Les conditions pour sortir du lycée avec une maturité en poche risquent fort de changer

Barème revu et bientôt corrigé pour la maturité gymnasiale dans le Jura. Le Lycée cantonal de Porrentruy, en collaboration avec le Collège et Lycée Saint-Charles, veut durcir les conditions de promotion et d’obtention de la maturité pour la rentrée 2016. Les gymnasiens ne pourront plus simplement compenser leurs mauvaises notes en disciplines fondamentales - français, mathématiques, langue 2 et option spécifique - pour réussir leur maturité. Ils devront atteindre la barre fatidique de seize points pour ces quatre branches principales pour empocher leur diplôme. La note moyenne de ces quatre disciplines devra être de 4 pour les candidats à la maturité. Un étudiant pourra, par exemple, avoir un 3 en français et un 5 en mathématique, pourvu que l’addition des notes dans ces quatre branches équivaille à 16. Un projet sera transmis en décembre au Centre jurassien d’Enseignement et de Formation (CEJEF). Le but est d’obliger les élèves à se donner plus de peine dans les branches principales.

La révision de l’ORM pointée du doigt

Cette nécessité de changement découle d’un constat clair selon le directeur de la division lycéenne du CEJEF, Jean-Marc Scherrer : les notes ont nettement chuté dans ces branches depuis la révision de l’ordonnance sur la reconnaissance des certificats de maturité gymnasiale (ORM) en 2008.

Selon lui, « la révision de l’ORM a fait passer le nombre de notes pour l’obtention du diplôme de 10 à 15, notamment en divisant les sciences expérimentales en trois notes au lieu d’une : biologie, chimie et physique. Les étudiants mettent davantage de moyens pour avoir de bonnes notes dans ces disciplines qui représentent moins d’heures de cours et valent pourtant autant de points que les branches principales ». Jean-Marc Scherrer estime que les élèves ont compris qu’il valait mieux donner l’effort sur des branches enseignées une heure par semaine en dernière année plutôt que sur un cours comme les mathématiques, donné à raison d’une quinzaine d’heures sur les trois ans. « Le fossé est tel, précise le directeur du Lycée cantonal, que l’année passée, plus des deux-tiers des élèves étaient insuffisants en mathématiques ». C’est ce déséquilibre que doit corriger le nouveau barème.

Les élèves savent s’adapter à ces modifications

Le directeur de la division lycéenne se veut rassurant pour les collégiens. Le Lycée cantonal a comptabilisé trois échecs pour un peu plus de 180 candidats l’année passée : une première. Les études au Lycée cantonal ou à Saint-Charles ne deviendront pas plus difficiles pour autant, c’est un recentrage qui va être mis en place. « Les élèves ont cette faculté d’adaptation qui va leur permettre d’être aussi performants. Dans les autres cantons, ce système d’évaluation a déjà fait ses preuves. Ce qui va changer, c’est que les élèves vont entreprendre un effort accru dans des disciplines qui sont fondamentales pour la poursuite de leurs études », rassure Jean-Marc Scherrer.

D’autres changements en vue

Pour éviter un retour de bâton et un désintérêt pour les branches « secondaires », un système devrait être mis en place pour ces cours : les notes vont être annualisées, c’est-à-dire qu’une moyenne sur une année sera mise en place plutôt qu’une évaluation semestrielle. L’établissement veut ainsi valoriser une « vraie moyenne » : « Si un élève obtient un 3,8 au premier semestre et un 3,5 au second, il glane actuellement un 4 final. Une moyenne sur l’année permettrait d’avoir une vraie note par rapport aux compétences », précise le directeur du Lycée cantonal. Pour éviter de prétériter les cours qui ne figurent pas parmi les quatre branches principales, l’école veut aussi baser les épreuves sur l’évolution de l’élève par rapport à son niveau de connaissances de base, plutôt que sur sa valeur dans le cadre d’une classe.

Lycée cantonal et Lycée Saint-Charles sur la même longueur d’onde

Depuis le changement de direction au Collège et Lycée Saint-Charles, les deux établissements se sont rapprochés, dans une optique de complémentarité. Le projet de modification de barème a été discuté avec l’établissement privé qui suivra le Lycée cantonal dans ces modifications. Jean-Marc Scherrer explique ces nouvelles synergies : « Les deux écoles entretiennent dorénavant un dialogue systématique sur les questions concernant la maturité gymnasiale. Par exemple, nous n’avons pas pu ouvrir d’option de grec ancien cette année. Une collaboration avec Saint-Charles nous permettra d’offrir cette prestation à nos élèves ».

Du côté du Collège et Lycée Saint-Charles, la rectrice se réjouit de ces synergies avec le Lycée cantonal. Pour Carmen Kocher, les discussions communes menées sur des problèmes spécifiques aux lycées permettent aux deux écoles jurassiennes de réfléchir ensemble et d’allier leurs forces pour aller de l’avant. Par exemple, elles peuvent désormais se présenter unies lors de séance avec les recteurs des autres cantons romands qui sont tous membres d’une association cantonale des gymnases. /lbr

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