Foyer de Prêles: "ce n'est pas une prison!"

Thomas Freytag, directeur de l'Office de l'application des sanctions pénales et des prisons du canton de Berne Zoom sur « Thomas Freytag, directeur de l'Office de l'application des sanctions pénales et des prisons du canton de Berne » (touche ESC pour fermer)
Thomas Freytag, chef de l’Office de la privation de liberté et des mesures d’encadrement du canton de Berne.

Les autorités pénitentiaires bernoises ont accepté de réagir au sujet du foyer de Prêles. La semaine dernière, des garagistes du Plateau de Diesse avaient dénoncé des manquements à la sécurité du foyer de réinsertion pour jeunes délinquants. Ils déploraient plusieurs vols de voitures imputés à des évadés du foyer.

Si le directeur de l’établissement, Mike Knossler, s’est refusé à tout commentaire, nous avons pu recueillir la position des autorités cantonales bernoises, en la personne de Thomas Freytag, chef de l’Office de la privation de liberté et des mesures d’encadrement du canton de Berne.

RJB : Des garagistes, et avec eux un élu, s’inquiètent et demandent davantage de sécurité autour du foyer de Prêles, qu’est-ce que vous leur répondez ?

Thomas Freytag : Je comprends les réactions. Ce sont des dégâts inacceptables. Mais il faut savoir que le foyer, comme son nom l’indique, c’est un foyer et non une prison ! C’est un foyer ouvert qui sert à la réintégration des jeunes délinquants. Ce n’est pas une prison pour mineurs comme celle ouverte récemment à Palézieux dans le canton de Vaud (ndlr : inaugurée en décembre 2013).

Est-ce que ça veut dire qu’il faudrait faire du foyer de Prêles une prison ou que certains des jeunes qui s’y trouvent soient placés en prison ?

C’est la question. Il y a en Suisse romande, je l’ai dit, une prison à Palézieux ouverte récemment. Il reste, à ma connaissance, des cellules libres. Donc c’est clair que l’on n’a pas besoin de prison supplémentaire. La question qui se pose est de savoir si ces jeunes qui ont été placés dans le foyer à Prêles ont été placés dans un endroit approprié. La réponse ne m’appartient pas. C’est au juge ou à l’autorité compétente de répondre.

En disant cela, est-ce que vous ne remettez pas en cause le travail des autorités judiciaires ?

Je ne me permettrais jamais de critiquer des autorités ou des juges. Ce n’est pas du tout mon propos. Mais le problème, c’est qu’il y a soit la prison, soit le foyer. Peut-être qu’il manque une structure intermédiaire. C’est clair que le juge est confronté au code pénal des mineurs, qui privilégie le placement dans des endroits moins sécurisés comme un foyer plutôt que la prison, car l’emprisonnement peut avoir des effets néfastes sur les jeunes.

La commission de sécurité du Grand Conseil bernois va être saisie prochainement de cette affaire, qu’est-ce qui peut en ressortir ?

Je ne peux pas d’un jour à l’autre construire une prison si j’ai un foyer à disposition. Ça demanderait des coûts très importants, si on voulait construire une prison à la place de ce foyer. C’est ce que je vais expliquer aux gens qui vont discuter de cette question.

Pour conclure, que dites-vous aux garagistes?

Je comprends parfaitement bien les problèmes des garagistes et avec les moyens à disposition, nous allons faire de notre mieux pour éviter de nouveaux dégâts. Mais en même temps, je dois malheureusement leur dire que je n’ai pas une prison à disposition pour définitivement exclure de nouvelles évasions du foyer de Prêles. /gwe

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