Pantographe: les politiques bottent en touche

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Pantographe (photo: archives)

Les autorités politiques ne se mêleront pas du conflit entre Tornos et le Pantographe. La municipalité de Moutier, le Conseil du Jura bernois et la direction bernoise de l’instruction publique se sont rencontrés mercredi et ont communiqué vendredi. Ils ont entendu une délégation des pétitionnaires qui soutiennent le collectif culturel expulsé de l’ancienne Usine Junker, propriété du fabricant de machines-outils. Ces derniers avaient déposé une pétition munie de plus de 2’800 paraphes le 9 janvier. Le texte demandait que les politiques s’engagent pour protéger le Pantographe. Tornos a aussi donné sa position par courrier.

Une affaire privée entre un propriétaire et les occupants de son bâtiment

Nous n’avons ni les compétences, ni le droit, ni la légitimité d’empêcher Tornos de jouir de sa propriété. Les autorités consultées sont catégoriques. Elles ne peuvent que constater le caractère privé d’une affaire dont l’issue doit être trouvée sur les plans civils et judiciaires. Pas question, donc, de porter un jugement de valeur. La qualité des prestations du Pantographe est reconnue, tout comme l’importance de Tornos pour Moutier et la région.

Constitution fédérale à deux visages

Dans ces conditions, les politiques disent vouloir éviter une mise en opposition stérile de la culture et de l’économie. Les pétitionnaires invoquaient la constitution fédérale, qui défend la culture, pour faire entendre leur voix. Les autorités répondent que cette même constitution, ainsi que son pendant cantonal, garantissent aussi la propriété.

Tornos désolée pour le Pantographe

Dans son courrier, Tornos rappelle encore une fois que sa décision est irrévocable. L’entreprise déclare « regretter que sa restructuration ne soit pas conciliable avec les activités du Pantographe ». Elle espère que le collectif pourra trouver une autre solution à Moutier. C’est sur ce dernier point que les autorités pourraient jouer un rôle. Elles s’engagent en effet à offrir leurs services au collectif culturel pour l’aider à trouver de nouveaux locaux.

Décéption pour le collectif culturel

Contacté vendredi matin, le Pantographe se dit déçu de cette réponse. Son animateur, Gilles Strambini, constate que l’enthousiasme du canton a sans doute été refroidi par les arguments de la commune de Moutier. Il ajoute que le débat n’a pas été assez poussé. Le collectif n'entend pas saisir la justice, il laisse la balle dans le camp de Tornos. Il ne précise pas non plus s'il quittera l'usine Junker à la date du 29 février, ni s'il entend mener des négociations pour repousser cette échéance. /ast

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