Travail illégal chez Swissmetal

Baoshida Swissmetal Zoom sur « Baoshida Swissmetal » (touche ESC pour fermer)
Baoshida Swissmetal

Un scandale éclabousse Baoshida-Swissmetal, quelques semaines après le 10e anniversaire de la deuxième grève de la Boillat. La RTS a révélé aujourd’hui que l’entreprise a fait appel à des travailleurs chinois sous-payés et sans permis de travail sur ses sites de Reconvilier et de Dornach.

Des employés chinois plutôt qu'européens

Les six employés concernés ont été envoyés en Suisse pour procéder au transfert des installations lourdes de l’entreprise. Ils avaient notamment pour tâche de démonter une presse de 1200 tonnes à Dornach, dans le canton de Soleure, puis de la remonter à Reconvilier.

La RTS indique que les responsables de Swissmetal souhaitaient mandater une entreprise européenne pour effectuer ces travaux, mais que la direction chinoise en a décidé autrement. Elle a donc fait venir des chinois munis d’un visa business. Ce sésame permet de faire du commerce en Suisse, mais pas d’y travailler.

Salaires trop bas

Les travailleurs concernés ont été repérés par les inspecteurs du Contrôle du travail. Ils ont été interrogés par la police et ont interrompu leurs activités avant de rentrer en Chine. L’enquête a par ailleurs montré que leur rémunération était trop faible en regard des standards suisses, à peine 1'000 francs par mois. Un rapport est désormais dans les mains de la Direction de l’économie publique, qui nous a indiqué vendredi ne pas encore avoir traité cette affaire. Du côté de Swissmetal, personne n’était disponible pour répondre à nos questions.

Ces travailleurs devraient revenir en Suisse prochainement dans une situation régulière. La RTS indique encore que selon Swissmetal, les machines ont été démontées « à la chinoise », et que personne d’autre ne pourrait les remonter correctement. Leur transfert devrait prendre plusieurs semaines de retard.

Pour UNIA, il faut maintenir la pression des contrôles

En ce qui concerne les syndicats, Unia collabore avec Swissmetal et explique que cette affaire est un peu détachée de la vie quotidienne de l’entreprise. Malgré tout, ces pratiques démontrent qu’il y a un gros problème de surveillance du marché du travail.  Pierluigi Fedele, membre du comité directeur d’UNIA, constate que certains milieux veulent réduire les contrôles pour favoriser le libéralise. L'exemple de Baoshida-Swissmetal démontre que ce système ne fonctionne pas. Si pour le syndicat, ce cas est symbolique, d'autres le sont nettement moins. Pierluigi estime qu'il est aussi du devoir de l'Etat et du patronnat de veiller à ce que les entreprises respectent les règles du jeu. /ast

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