Les patients neuchâtelois dissuadés d'aller voir ailleurs

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L’État de Neuchâtel a baissé son tarif de base pour rembourser les hospitalisations de soins aigus hors du canton.

Certains patients neuchâtelois vont devoir mettre la main au porte-monnaie s’ils souhaitent se faire soigner hors du canton de Neuchâtel. Pour des soins aigus pris en charge dans un hôpital extra cantonal, l’Etat neuchâtelois ne versera plus que 9050 francs cette année contre 9650 francs en 2015. En clair, les patients neuchâtelois risquent de devoir payer la différence, entre 500 et 1000 francs selon les prestations. De quoi les inciter à se faire soigner à l’Hôpital neuchâtelois plutôt qu’ailleurs.

Une mesure "inamicale"

L'abaissement du tarif de référence par les autorités neuchâteloises fâche les cantons voisins. Ils y voient une attaque déloyale. L’État de Neuchâtel cherche selon eux à rapatrier ses patients. C’est en tout cas l’avis de l’Hôpital du Jura bernois, par la voix de son président, Pierre-Alain Schnegg, qui dénonce une pratique contraire à la loi.

Il rappelle que l'État de Neuchâtel a pris pour référence le tarif le plus bas pratiqué dans le canton, en l’occurrence, celui de l’hôpital privé de la Providence. Problème, la Providence n’assume que trois mandats couverts par l’assurance de base et donc son tarif avantageux ne reflète pas la réalité des coûts pour d’autres prestations.

L’Hôpital du Jura bernois ne restera pas les bras croisés. À l’instar d’autres cantons, il pourrait saisir la justice pour faire entendre raison, soit un bras de fer programmé avec les autorités neuchâteloises.

Freiner l'exode des patients neuchâtelois

De son côté, le conseiller d'État neuchâtelois, Laurent Kurth, reconnaît vouloir "freiner l'exode des patients neuchâtelois". Il ne s'agit pas pour lui de "protéger un hôpital par rapport à d'autres" mais de corriger les dérapages induits par le nouveau système de la Lamal. Des dérives qui font qu'on "multiplie les endroits où on s'attend à recevoir les mêmes patients".

Laurent Kurth tient à distinguer deux niveaux de collaboration entre les cantons: le premier consiste en une planification concertée des besoins avec l'élaboration d'une liste des hôpitaux partenaires tandis que le second niveau s'apparente à une concurrence agressive qui consiste en une planification excédentaire des besoins sur le plan national.

Le ministre neuchâtelois de la Santé ne craint pas un affrontement devant la justice. Il s'appuie sur la jurisprudence récente, lorsque le canton de Vaud a eu gain de cause en ne reconnaissant plus des hospitalisations dans des cliniques de cantons voisins. Laurent Kurth est certain que d'autres cantons partageront son analyse. /gwe

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