Le grand écart au Tribunal de Porrentruy

Un citoyen du Jura bernois comparaît depuis ce mardi devant le Tribunal de Porrentruy. Il doit répondre d’abus de confiance et éventuellement de gestion déloyale. Les faits se sont déroulés entre 2004 et 2010 lorsqu’il était président de la commission ouvrière d’une entreprise de Delémont. Responsable des automates à boissons durant ces six années, le prévenu est accusé d’avoir dérobé l’argent issu des bénéfices. La somme a été estimée à 290'000 francs.

Accusation : deux ans de prison avec sursis

Le prévenu a-t-il piqué dans la caisse, oui ou non ? L’estimation de 290'000 francs est-elle exacte ou erronée ? Le juge Pascal Chappuis a jusqu’à mercredi 14h, moment du verdict, pour démêler le vrai du faux. Et l’affaire n’est pas simple. Pour le Ministère public, le citoyen du Jura bernois est coupable. Il a profité de son statut pour puiser dans les bénéfices des automates à boissons pour son compte personnel, et ce pendant plus de six ans. L’homme avait la confiance des ouvriers de l’entreprise, et il les a trompés sans scrupules, agissant avec volonté et en conscience. Selon la procureure Frédérique Comte, le prévenu avait le champ libre pour accéder aux machines et à l’argent. L’accusation a parlé de culpabilité grave. Elle a requis une peine de deux ans de prison avec sursis pendant deux ans pour abus de confiance.

Défense : acquittement et indemnité pour tort moral

Les déclarations du prévenu ont été jugées floues et peu constantes. Et pour cause : l’homme nie en bloc. « Il y a eu des factures payées à double et des vols de marchandise. Voilà pourquoi il n’y a pas eu de bénéfice », s’est-il exprimé. « Mon client est tombé des nues quand il a été accusé de vol. Il ne s’est pas enrichi d’un centime. C’est un bouc-émissaire », a pour sa part déclaré l’avocat de la défense. Selon Benoît Brêchet, il n’y a aucun élément de preuve. Le prévenu n’était pas le seul à avoir accès aux pièces où se trouvaient l’argent et la marchandise en stock. Par ailleurs, d’autres que lui s’occupaient également des automates. Benoît Brêchet a encore ajouté que les recettes issues des machines à boissons ne dégageaient pas de bénéfice après le paiement des factures et de l’entretien. Il a ainsi contesté la somme de 290'000 francs, car elle n’a pas été établie. Quant à la comptabilité, tous les justificatifs ont disparu, sauf ceux de l’année 2005, à la surprise de l’avocat et au grand dam du Ministère public. Le prévenu, lui, n’a pas pu fournir d’explication.

Pour la défense, le doute doit profiter à l’accusé. Elle a demandé l’acquittement et une indemnité de 5'000 francs pour tort moral. Verdict mercredi après-midi. /rch

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