Chantier de Loveresse : des positions divergentes

Barbara Egger-Jenzer Zoom sur « Barbara Egger-Jenzer » (touche ESC pour fermer)
La directrice bernoise des travaux publics, Barbara Egger-Jenzer, soutient la version de l'Office des immeubles et des constructions, qui diverge de celle livrée par la commission paritaire du Jura bernois (archives)

Le Conseil-exécutif enfonce le clou sur le chantier de Loveresse. Nous avons contacté la Directrice des travaux publics pour connaître sa position sur les irrégularités constatées par la commission paritaire de la construction sur le site du nouveau centre d’entretien des Ponts et chaussées du Jura bernois, un chantier cantonal. La commission dénonce notamment du travail au noir, des employés non payés, l’usage de faux papiers, des abus à l’aide sociale, et demande des mesures urgentes, alors que l’Office des immeubles et des constructions dit n’avoir été averti que deux fois et avoir rappelé les entreprises concernées à l’ordre. Il a aussi rappelé que c’était aux entreprises mandatées de s’engager à respecter les règles.

La directrice des travaux public appuie ses troupes

Sans surprise, la directrice des travaux publics soutient son office et abonde dans son sens. Barbara Egger-Jenzer a été avertie de cette affaire et indique que toutes les mesures requises ont été prises après deux incidents en août. Elle va plus loin en disant que les contrôleurs du marché du travail, qui agissent sous mandat du canton et de la commission paritaire, sont intervenus sur le chantier mardi et n’ont constaté aucune irrégularité. Une version qui contredit celle du vice-président de la commission paritaire Flavio Torti, qui indiquait mardi que huit employés n’étaient pas en règle ce jour-là. Contactés ce matin, les contrôleurs nous ont confirmé ne pas avoir constaté d’irrégularités ce mardi. Autre point de discordance entre la commission paritaire et Barbara Egger-Jenzer : la première indique que les entreprises concernées sont externes à la région, alors que la seconde répond qu’elles viennent de la région et du canton de Berne. Les violons ont de la peine à s’accorder.

« Les fautes doivent être imputées aux entreprises concernées »

Barbara Egger-Jenzer reconnaît qu’il n’est pas normal de constater des irrégularités sur un chantier cantonal, mais que les fautes sont à imputer aux entreprises concernées et pas au canton de Berne. Si des manquements venaient à se répéter, des mesures seraient prises immédiatement. Elle ajoute que le maître d’œuvre, ici le canton, ne peut pas empêcher une fraude d’un entrepreneur. Toutes ces réponses laissent penser que, pour le canton, les irrégularités sont bien moins nombreuses que celles dénoncées par la commission paritaire. Cette dernière se base quant à elle sur de nombreux rapports des contrôleurs du marché du travail, qui sont intervenus à treize reprises sur le site de Loveresse. Nous avons donc demandé à la Conseillère d’Etat si elle prenait le travail de la commission au sérieux, sa réponse est claire et succincte : Oui.

Le canton ne cautionne pas

Elle ajoute que le canton ne cautionne pas ou ne s’accommode pas du fait que les entreprises mandatées pour réaliser des travaux sous-traitent à d’autres sociétés qui ne respectent pas forcément les règles. Finalement, sur l’attribution des marchés, la commission paritaire regrette que ce type de chantier soit confié à des entreprises extérieures à la région ou au canton pour économiser 1 à 2 %, alors qu’ils apportent d’importantes retombées économiques. Barbara Egger-Jenzer répond sans autre forme de commentaire que l’attribution s’effectue conformément au droit des marchés publics. /ast

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