Un modèle d’assurance moins cher… surtout pour la caisse

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Photo : archives

Un nouveau modèle d’assurance maladie fait son arrivée en Romandie. Au moment où de nombreux assurés sont en train de prospecter pour trouver la caisse la moins chère pour l’an prochain, ce nouveau système oblige celui qui le contracte à passer en premier lieu par la case pharmacie. Plus attractif au niveau de son tarif, ce modèle est censé permettre de réduire les coûts.

Pas du goût de tout le monde

Le modèle existait depuis quelque temps en Suisse allemande, il débarque en Romandie. Non sans faire grincer quelques dents… Ce modèle contraint l’assuré qui l’adopte à se rendre d’abord dans une pharmacie agréée, plutôt que de prendre directement rendez-vous chez le médecin, sauf en cas d’urgence. Il s’agit d’écarter les cas bénins qui ne nécessitent pas une prise en charge. Mais ce système suscite de la méfiance de la part de certains médecins, comme le Dr. François Héritier. Le vice-président de Médecin de famille et de l’enfance suisse ne craint pas une concurrence, mais s’interroge sur la qualité du service proposé. Il estime que les pharmaciens sont peu nombreux à avoir la formation requise pour poser un diagnostic. Il juge toutefois qu’un système de collaboration entre professions médicales ou le travail en réseau est une solution d’avenir pour réduire les coûts.

Une porte d’entrée pour le patient

Le modèle d’assurance en question vient toutefois prendre le relai de la télémédecine proposée par certaines assurances et qui posait parfois la question des qualifications de l’interlocuteur au bout du fil. Il a l’avantage de la proximité avec le patient et s’appuie d’ailleurs sur le système Netcare qui existe depuis un certain temps et qui demande une formation supplémentaire des pharmaciens concernés. Gabriel Voirol, président de la Société des pharmaciens du Jura, explique que le pharmacien suit ainsi un protocole élaboré par des sociétés de médecine. Il s’agit de faire un tri pour aiguiller les malades et éviter des prises en charge inutiles par l’assurance.

Du « business »

Ce nouveau modèle d’assurance est certes moins cher pour l’assuré. Il laisse cependant miroiter un remboursement pour toutes sortes de médicaments parce que prescrits par le pharmacien, ce ne sera pas le cas. Le pharmacien ne pourra prescrire des médicaments que pour certaines pathologies. Et le passage en pharmacie n’est pas gratuit : le protocole prévoit un entretien qui sera facturé 15 francs, à la charge du patient. Ce modèle s’adresse par ailleurs à une classe bien précise de la population, et l’assurance qui le propose ne s’en cache pas : les personnes jeunes et en bonne santé. On le comprend bien, si ce modèle a l’avantage de réduire quelque peu les coûts, il est surtout profitable pour l’assurance parce qu’il attire les clients dont les risques sont le moins élevé. /iqu+lhu

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