Grave affaire d'abus sexuels dans le canton de Berne

Grave affaire de pédophilie révélée dans le canton de Berne. Un travailleur social est accusé d’avoir abusé sexuellement de 122 enfants ou personnes handicapées. Ces crimes ont principalement été perpétrés au sein des institutions dans lesquelles travaillait l’homme, un Bernois âgé de 54 ans. Près des trois quarts de ces abus sont aujourd’hui prescrits.
 

Prévenu «coopératif»

L’enquête a été ouverte en mars 2010 dans le canton d’Argovie, après dénonciation de deux victimes. Leurs parents ont contacté la direction de l’établissement, qui s’est ensuite adressée à la police. L’homme a été interpellé début avril, à son domicile de l’Oberland bernois. L’enquête a été confiée à la police bernoise, et en raison de l’ampleur de l’affaire, une commission spéciale a été mise en place.

Le prévenu a été interrogé plus d’une cinquantaine de fois. Selon le communiqué du Ministère public, il s’est montré "très coopératif". Il se décrit lui-même comme un pédophile. Il a avoué avoir abusé de 114 victimes; dans huit cas, il s'agit de tentatives.
 

Victimes handicapées

Les victimes sont en grande majorité de jeunes hommes handicapés physiquement ou mentalement, parfois aussi des femmes. L’homme s’en est également pris à des enfants de membres du personnel. La victime la plus jeune était âgée d’une année au moment des faits. L’accusé a sévi dans les neuf établissements qui l’ont employé depuis 29 ans, principalement dans le canton de Berne, mais aussi en Appenzell et en Allemagne. Le délai de prescription s’applique pour la majorité des cas. Toutefois, selon la législation en vigueur, 33 d’entre eux vont être poursuivis.

L’enquête de la police cantonale bernoise va se poursuivre durant plusieurs mois. Elle devra notamment déterminer si les divers foyers et institutions avaient été informés de l’existence d’abus.

Une "hotline" a par ailleurs été ouverte par la police, en raison du grand nombre de personnes touchées.
 

Première réaction

Le conseiller d'Etat Philippe Perrenoud a réagi à cette annonce. Il s'est exprimé peu de temps après au Grand Conseil bernois. Les directions des institutions et autres foyers sont les premiers responsables de la surveillance de leur établissement. Selon le directeur cantonal de la santé publique, les autorités cantonales mènent elles-mêmes entre dix et quinze contrôles d'institutions par année. Pour assurer davantage leur devoir de surveillance, il leur faudrait plus de personnel et de moyens, a-t- il précisé. /lbe+iqu+ comm

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