La mort annoncée du CREA fait réagir les milieux culturels

Les milieux culturels jurassiens sont scandalisés. Après l’abandon du CREA par le canton de Berne, le comité du fOrum interjurassien a adressé lundi une lettre ouverte au conseiller d’état bernois Bernhard Pulver.
 

Des chiffres tronqués

Cette décision de l’exécutif bernois réduit à néant 8 ans de travail et d’espoir. Et les problèmes financiers évoqués sont fallacieux, selon le comité. La somme de 30 millions avancée a été en réalité abaissée à 25 millions et était censée être répartie entre les deux cantons.

Les acteurs culturels se disent surpris, même s’ils avaient senti le vent contraire. Notamment lorsque Bernhard Pulver était revenu sur l’idée d’un seul site à Moutier, alors qu’une organisation bicéphale était privilégiée et que l’exécutif bernois ne s’était pas prononcé sur le site de la Schaublin.
 

Encore un espoir

Le comité du fOrum reçoit cette décision comme une claque. Il estime n’avoir jamais été consulté pour discuter d’un redimensionnement du projet, ni avoir obtenu de réponse à ses propositions de discussion. Le fOrum exige que le Conseil exécutif bernois revienne sur sa décision. /iqu
 
 
 
Analyse d'un cafouillage
 
Le canton de Berne se retire du projet CREA, et le monde culturel tombe des nues. Cette issue est-elle donc si surprenante? Oui, à en croire la lettre ouverte adressée au Conseiller d’Etat Bernhard Pulver. L'analyse de Léonie Béguelin.
 
 
Indignation et incompréhension. Le Forum interjurassien de la culture, apparemment, ne s’attendait pas au retrait bernois du projet CREA. Il met d’ailleurs en doute les arguments financiers avancés par le Conseil-Exécutif. Et effectivement, les raisons ne sont peut-être pas uniquement financières… Il faut relever que le «timing» bernois, dans l’épilogue du dossier, était bizarrement idéal; au lendemain de l’annonce de difficultés financières, l’abandon de ce coûteux projet est facilement justifiable. De là à penser que Berne attendait le prétexte parfait pour se désengager, il n’y a qu’un pas.

Mais les acteurs culturels ne l’avaient-ils vraiment pas vu venir? Berne a pourtant longuement laissé traîner le dossier. Parallèlement, Bernhard Pulver ne semblait pas prendre très au sérieux les études et rapports sur le projet; n’a-t-il pas remis en cause des années d’analyses, en juin dernier, en reparlant d’un CREA sur un seul site, mais à Moutier? Ces éléments laissaient entrevoir à quel point le dossier devenait bancal.

Au final, il restera du CREA interjurassien le souvenir d’un beau cafouillage, révélateur de l’incroyable gouffre qui sépare les aspirations des acteurs culturels, quelquefois eux-mêmes divisés, des considérations des politiques. Un gouffre qu’il serait bon de combler avant de perdre de nouvelles longues années dans un autre projet.

Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.