Ouïgours: le Jura a tranché

Le Gouvernement jurassien a pris position mardi matin dans le dossier de l'accueil des deux ex-détenus ouïghours de Guantanamo. Mais il ne communiquera sa décision que durant l'après-midi lors d’un point presse qui aura lieu à Delémont.
 
Pour rappel, l’exécutif devait décider s’il était d’accord d’accueillir sur le territoire cantonal les deux ex-détenus de Guantanamo qui cherchent aujourd’hui une terre d’asile après avoir purgé plus de 7 ans de prison dans les geôles américaines alors qu’ils sont innocents. Le Parlement jurassien a accepté mercredi par 45 voix contre 3 une résolution qui demandait au Gouvernement de maintenir sa proposition d’accueil des deux frères, proposition formulée avant les fêtes de fin d’année.
 
 
"La Suisse n'a pas à craindre de représailles"
 
Certains craignent des représailles en cas d’accueil de ces personnes. Un avis qui n’est pas partagé par tout le monde.
 
«Que la Suisse accueille ou non ces deux Ouïgours, cela ne changera rien.» Cette affirmation émane d'un industriel chinois résidant en Suisse depuis une vingtaine d'années. Selon lui, il ne faut pas oublier que la Chine compte des millions d'Ouïgours et que certains membres de cette ethnie sont actifs dans les plus hautes sphères du régime chinois. Alors accueillir ces deux frères, il ne voit pas en quoi cela pourrait affecter les relations commerciales avec la Suisse, ou plus précisément le Jura.
L'ambassade de Chine en Suisse a poussé son «coup de gueule», c'est vrai, mais «c'est son rôle», note notre industriel. «Pour Pékin, toutes les personnes arrêtées pas les Etats-Unis sont des terroristes. La Chine devait donc réagir, mais cela n'ira pas plus loin
 
Rien à voir avec l'accueil mouvementé du président chinois en 1999, hué par les manifestants pro-tibétains. A l'époque, cela avait été interprété comme un coup monté. «C'est comme d'inviter quelqu'un à manger et de lui cracher dessus juste avant», explique notre industriel. Rien à voir avec l'accueil des deux Ouïgours.
L'honneur chinois a plusieurs niveaux. Ce que notre industriel appelle «une petite affaire humanitaire» n'aura pas d'implications conséquentes sur les relations politico-commerciales avec Pékin.
 
Selon lui, la vraie question c'est plutôt à la population jurassienne qu'il faut la poser. «Est-elle prête à accueillir ces deux ex-détenus, alors que le chômage progresse»? /fqu
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.