Condor a bénéficié d'une caution cantonale d'un demi-million

La Société pour le développement de l’économie jurassienne a cautionné Condor à hauteur de 500'000 francs. Notre rédaction a pu se procurer le contrat de cautionnement; celui-ci est très clair sur le montant du soutien. L’entreprise de Courfaivre a emprunté 500'000 francs au Crédit Suisse de Neuchâtel. Un prêt garanti par le Canton du Jura.

La semaine dernière, le syndicat Unia Transjurane avait vivement critiqué les autorités pour leur "naïveté" dans le soutien apporté à Condor. Nous avons mené l’enquête pour connaître l’exacte nature de cette aide.
 
 
Une affaire qui date de décembre 2007
 
Le montant de 500'000 francs n’est pas nouveau, nous l’avions déjà évoqué au mois de septembre 2010 lorsque nous avions rencontré le ministre de l’économie Michel Probst. A la question du montant du soutien, nous lui avions demandé si les aides se montaient à un demi-million, comme cela se murmurait alors. Il nous avait répondu par la négative: "Je ne peux pas vous donner le détail financier, mais je peux en tout cas vous dire que cette somme là est très, très excessive".
 
 
Un cautionnement n’est pas un versement d’argent
 
Nous avons revu Michel Probst jeudi matin. Celui-ci ne peut toujours pas s’exprimer sur les montants des aides en vertu de la Loi sur la protection des données. Nous lui avons soumis le document en notre possession, qui prouve l’engagement de l’Etat. Le ministre tient à clarifier la situation: d’une part, la Société pour le développement de l’économie jurassienne est un organe indépendant de l’Etat, qui prend ses décisions de manière autonome. D’autre part, il s’agit d’un contrat de cautionnement simple, et non pas d’argent versé directement à l’entreprise.
 
De cela aussi, nous en avions parlé en septembre dernier. Le ministre avait alors déclaré: "La Société de développement de l’économie jurassienne peut décider de prendre en charge un cautionnement, subordonné à une prise de décision du SECO, et les différents critères sont bien étudiés, et je peux vous dire que les montants que vous annoncez ne sont en tout cas pas ceux-là, en tout cas pas".
 
Des propos tenus il y a six mois. Michel Probst a tenu à les préciser jeudi matin: même s’il évoque un cautionnement, il voulait dire que le canton n’a pas directement donné un demi-million à l’entreprise. Il ajoute que les montants engagés concrètement pour Condor sont relativement faibles.
 
 
Le contexte a bien changé en trois ans
 
Le ministre explique qu’en 2007, tous les indicateurs étaient au vert pour l’entreprise de Courfaivre. Des projets étaient là, et Condor répondait à tous les critères pour bénéficier d’un soutien de l’Etat. De telles pratiques sont d’ailleurs courante, tant au niveau cantonal que fédéral, pour soutenir le tissu économique. Michel Probst ajoute que de telles aides engendrent souvent des débouchés positifs pour les entreprises et donc pour la région. Cela n’a donc pas été le cas pour Condor. Mais selon le ministre, le risque est inhérent au travail de la promotion économique.

Le contrat de cautionnement en notre possession  précise que la banque doit fournir au cautionnaire un rapport annuel sur la situation de l'entreprise, les comptes, le budget, l'utilisation du crédit cautionné, et le rapport des vérificateurs des comptes.
 
 
L’Etat pourrait avoir au maximum 250'000 francs à sa charge
 
Jean-Claude Lachat, délégué à la promotion économique, ajoute qu’il n’y a pas de risque immédiat de faillite chez Condor, malgré la situation difficile que traverse l’entreprise. Si l’affaire devait tout de même se solder par une banqueroute, l’Etat devrait alors prendre en charge 50% du montant de la caution, soit 250'000 francs, desquels il faudrait déduire ce que l’entreprise aurait déjà remboursé. /cad
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