Rapport accablant de la CEP: Frédéric Hainard devait démissionner

Il paraît évident que l’arrivée de Frédéric Hainard au Conseil d’Etat ne pouvait déboucher que sur un échec. Il n’était manifestement pas fait pour assumer la fonction de conseiller d’Etat.

C’est en résumé la conclusion de la Commission d’enquête parlementaire, qui a travaillé pendant près de 11 mois pour faire la lumière sur ce qu’on a appelé l’affaire Hainard.

Le contenu du rapport de la CEP a été dévoilé à la presse mercredi matin. Il compte une centaine de pages, il a été constitué sur la base d’un dossier de plus de 6000 pages de documents et après l’audition de 36 personnes. Les quatre membres de la commission, présidée par Veronika Pantillon, ont consacré près de 150 heures à des séances de travail.
 
 
Illégalité
 
Des méthodes inacceptables, inopportunes, déplacées, critiquables. Des méthodes sans doute illégales.

L’analyse de la CEP ne laisse planer aucun doute. Son rapport est accablant. Frédéric Hainard a multiplié les erreurs dans sa fonction de conseiller d’Etat. S’il ne l’avait pas donnée de lui-même, la commission aurait conclu ses travaux en demandant sa démission.

Frédéric Hainard est un homme qui a sans doute d’énormes qualités. Au premier contact, elles peuvent séduire, selon la CEP. Malheureusement, ces qualités se transforment vite en de gros défauts, cela en raison de ses traits de caractère. Le rapport décrit notamment l’ex-conseiller d’Etat comme un manipulateur.

Dans l’affaire Olivia, considérée comme la plus grave dans le rapport, Frédéric Hainard a usé de méthodes hautement critiquables, qualifiées de sans doute illégales.
 
 
Orientation policière
 
Il a aussi outrepassé ses compétences en matière de recrutement, lorsqu’il a engagé sa maîtresse. La commission relève qu’elle n’avait pas les compétences requises. Il s’avère par ailleurs que tous les nouveaux collaborateurs engagés à l’Office de contrôle sont issus de la Police neuchâteloise. Frédéric Hainard les connaissait personnellement de l’époque où il était lui-même officier de police. La CEP souligne l’orientation policière donnée à l’office. D’où la naissance de deux clans : les anciens collaborateurs et les nouveaux. De fortes tensions, avec à la clé plusieurs démissions.
 
 
Mensonge
 
Le mensonge est par ailleurs l’un des nombreux reproches adressés à Frédéric Hainard. La CEP constate que le Conseil d’Etat dans son ensemble l’a soutenu après les premiers articles de presse qui dénonçaient sa liaison avec sa collaboratrice. Le libéral-radical a nié auprès de ses collègues, en affirmant qu’il s’agissait d’une connaissance de longue date.

Le tournant se situe au moment où Hainard avoue publiquement sa liaison amoureuse, le 28 mai. Deux jours plus tard, le président du Conseil d’Etat convoque une séance extraordinaire et propose sa démission. Mais il est minorisé. Et Frédéric Hainard refuse.

 
Division
 
La suite, on la connaît. Le Gouvernement est divisé. D’un côté Jean Studer et Claude Nicati. De l’autre Gisèle Ory, Philippe Gnaegi et Frédéric Hainard, qui vont jusqu’à se retrouver deux fois an aparté dans un restaurant à Anet.

Frédéric Hainard annoncera sa démission le 22 août.

La CEP relève encore dans son rapport que pendant la période Hainard, c’est l’individualisme et la rivalité permanente qui ont prévalu au sein du Conseil d’Etat.

Le Parti libéral-radical neuchâtelois en prend aussi pour son grade. La CEP estime qu’il a une part de responsabilité en ayant présenté la candidature de Frédéric Hainard.

Le PLRN connaissait notamment la profonde inimitié qui régnait entre Claude Nicati et Frédéric Hainard, avant même la campagne électorale. /fpa

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