Chronique africaine : 6e épisode

Plus qu’une petite semaine de route pour Lise Bailat et Claire Jeannerat avant d’arriver au Bénin… Les deux journalistes sont parties avec un véhicule de Jura Afrique, une voiture qu’elles remettront aux partenaires béninois de l’association. Elles sont arrivées au Burkina Faso, après un séjour dans le pays dogon malien. De Ouahigouya, c’est une chronique de Lise Bailat :

 
La route de Bamako, la capitale du Mali, au pays dogon, au nord-est du pays, est une petite merveille. Nous passons sur les bords des fleuves Niger et Bani, nous traversons des villages de huttes et de terre, où les enfants nous font signe, où chacun vaque à ses activités selon des codes sociaux et ethniques bien précis… J’apprécie, je tente de graver chaque image dans mon ventre, puis me demande une seconde plus tard ce que cache ces scènes de vies simples, belles, mais si précaires… Et qui suis-je pour fouler ces terres? Et qu’est-ce que j’amène là? Le voyage a souvent l’art de prendre la forme d’un grand point d’interrogation.

Puis il y a la rencontre du futur président du Mali… C’est en tous cas une des ambitions de Karim, un jeune Dogon qui nous guidera à travers sa région. Il parle le peul, le bambara, le français et l’anglais. Il est libéral, il arbore fièrement son téléphone portable à deux puces, mène des projets un peu partout. Il veut diversifier les cultures du pays, principales sources de malnutrition selon lui, et puis faire des forages à la frontière avec l’Algérie, où dormirait un mystérieux pétrole… Il voyage de Bamako à Bagnematou, son village natal, oscillant constamment entre ville et campagne. Il respecte les anciens, les esprits, et il porte une chemise et des lunettes dernière mode. Il veut une femme «en forme de bouteille de coca», mais deux enfants. Un garçon et une fille. Il fait partie d’une certaine élite financière, qui a un appartement, une voiture, un bon travail. Et prend le thé avec ses frères campagnards, enguenillés. Mais inutile de chercher à tout comprendre en Afrique de l’Ouest… Comme Karim se plaît à le répéter: «Nous avons des secrets, je ne peux pas tout vous dire..»

Je pars du Mali la tête à l’envers. Beau pays assurément. Et voilà le Burkina Faso, dernière contrée à traverser avant notre arrivée à Tanguiéta au Bénin. /lb

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